Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
Lors d’un cours sur l’Évangile de saint Jean, le prof Roberge a dit quelque chose sur le «Signe de Jésus» qui a fait réagir un confrère étudiant. «Monsieur, faut-il croire cela?» Et le prof de répondre : «Non, mais il faut que vous le sachiez.» Puis, il a ajouté : «Il vous revient avec votre accompagnateur spirituel d’évaluer ce que vous croyez. Moi, je suis ici pour évaluer ce que vous savez.»
J’ai longtemps réfléchit sur ces verbes que nous confondons comme des synonymes. Nous arrive-t-il de croire en ce que nous savons? Ce n’est pas une connaissance vulgaire, puisqu’il y a ici deux mots; le mot «naître» et le préfixe «con» grec qui veut dire avec. Le mot connaître veut dire naître avec. Connaître quelqu’un signifie une expérience où on naît avec l’autre. Est-ce vraiment le cas dans nos relations humaines? Combien de nos relations humaines contribuent à «naître avec» ?
Le savoir est lié à l’histoire. Qui dit histoire nous parle aussi du passé. Je ne suis pas certain qu’on connaît son histoire tant ce qu’on en retient est lié à ce que les historiens nous en disent. Nous sommes limités dans notre perception du passé. Certes, il y a nos souvenirs d’enfance, mais est-ce crédible? J’ai aussi mes souvenirs d’enfance mais je doute que, ce que j’en retiens, ne soit pas partagé par tous.
Le verbe «comprendre» est lié au présent. Qui n’accepte pas son présent rejette son passé et renie son avenir. C’est ainsi qu’un petit village en Estrie du nom de Saint-Romain prend son importance à cause de ce type d’une trentaine d’année qui a tué ses nièces et sa mère. Il a rejeté son passé en tuant sa mère et il a renié son avenir en tuant ses nièces.
Le verbe croire est lié à l’avenir. Est-ce qu’on croit en nos jeunes que nous présentons à différents sacrements comme le première communion et la confinerions? Ces jeunes sont notre avenir, y croyons- nous? Seront-ils meilleurs que nous? À leur meilleur, ils seront comme nous. Que leur avons-nous légué pour assurer notre avenir?
Je sais de quoi mon histoire est faite et je comprends ce qui concerne mon présent. Mais je ne peux pas parler de l’avenir sans faire référence à ma foi. De quoi ressemble mon avenir si je ne peux pas faire référence à ma foi? Cette question n’est pas peu banale. Suis-je obligé de croire à ce qu’on dit de mon histoire ou à ce qu’on interprète de de mon présent? Si on avait imposé une telle réserve à Albert Einstein, aurait-il proposé les théories comme il l’a fait?
En contraignant l’avenir à ce que l’on sait de son histoire ou à ce qu’on comprend de son présent, nous limitons le verbe croire à des certitudes qui n’en sont pas. L’avenir ne ressemblera pas à notre présent et il n’aura pas les couleurs de notre passé. Le verbe savoir est intimement lié à ce que nous savons de notre histoire. Notre avenir doit-il lui ressembler? Le verbe comprendre t lié à notre présent. Ce peut-il qu’on croit si peu en l’évolution de ce qui est? Ces questions ne sont pas banales. Elles reflètent ce que nous pensons de l’avenir. Pourquoi présentons-nous des jeunes à la première communion? Croyons-nous en nos jeunes que nous présentons à la confirmation? Nous souhaitons qu’ils s ‘investiront, mais y croyons-nous?
Je sais de quoi est faite mon histoire et je comprends ce qui constitue mon présent. Mais est-ce que je crois en ce que me réserve l’avenir? Ceux qui me succèdent actualiseront à mon égard ce que je pense d’eux. Est-ce que cela me rassure?