Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
Faire confiance et prier. Il me semble qu’elle est là la clé d’une saine relation avec Dieu. Faire confiance dans les situations dont on n’a aucun contrôle et ce, même si on est aux premières loges des conséquences. Prier, c’est parler à Dieu comme on parle à un ami. C’est répéter son nom sans se lasser comme un second souffle dans une épreuve de course contre la montre. Prier, c’est faire confiance au souffle de l’Esprit qui ouvre des portes que l’on croyait fermées à tout jamais! Prier, c’est laisser monter un élan du cœur dans sa vérité et ce, même s’il commence par un sacre peu élogieux. On ne peut pas faire semblant d’être heureux. On l’est ou on ne l’est pas!
Prier ne consiste pas toujours à dire de belles choses constructives, élégantes et exhaustives qui plaisent à l’oreille et au cœur. Prier peut être une louange spontanée et gratuite comme ça peut être un cri de désespoir! Prier peut aussi prendre une forme humoristique. Imaginons l’homme dans un arbre avec un taureau qui tente de déraciner l’arbre. Sa prière pourrait bien être : «Seigneur, si tu ne peux pas m’aider, au moins ne lui aide pas!»
Prier c’est aussi offrir ses contradictions. J’ai oublié ma caméra à la maison provinciale. Je ne pourrai donc pas apporter avec moi des photos souvenirs de l’endroit. En plus, je vais manquer de cigarettes avant la fin de la retraite. De telles contradictions peuvent et doivent faire partie de la prière. Il y a des contradictions qu’on ne contrôle pas. On s’attendait à ce que le Centre de Pèlerinage Cabrini soit un lieu de prière et de silence. Il n’en est rien. Les touristes pleuvent de partout. On nous demande de porter une attention à notre tenu vestimentaire. Mais au-delà de la décence, il faut admettre que les mouches noires nous y obligent aussi. Cela fait aussi partie de la prière.
Le silence et la solitude ne sont pas ce qu’on aurait souhaités comme lieu d’ermitage. Contre mauvaise fortune, on y va de bon cœur! Quand on s’intéresse vraiment à quelque chose, la nature humaine veut qu’on s’accroche à une figure emblématique de notre désir. Ainsi, si je m’intéressais au hockey comme plusieurs, mes sentiments se porteraient vers les John LeClair, Stéphane Richer, Wayne Gretsky ou Mario Lemieux. Dans cet ordre d’idée, comme je m’intéresse à la vie en Dieu, je tente d’ordonner mes élans en valorisant mon sentiment humain sur saint Antoine de Padoue.
Ah ce fameux Fernando de Lisbonne! Chanoine Régulier de saint Augustin, il brûlait du zèle de l’héroïsme. Il se tourna vers l’ordre des Frères Mineurs en espérant imiter les premiers martyrs de cet Ordre au Maroc. Que Dieu est bon dans son amour pour me faire connaître un tel saint comme compagnon du Ciel pour mon passage en ce monde. Je prie, je souhaite, je demande à Dieu d’augmenter en moi l’amour que je porte pour Jésus et aussi approfondir ma dévotion à saint Antoine de Padoue. Je crois ces dévotions presque maladives si on se limite à demander de trouver le couteau à beurre placé au mauvais endroit. Ma dévotion à saint Antoine vise à ne jamais perdre la foi. Car, quand je l’aurai perdue, ma vie n’aura plus de sens. Perdre ma foi en Jésus est quelque chose que saint Antoine ne peut pas m'aider à retrouver. Car il faut croire en Jésus afin que ses amis deviennent aussi nos amis dans la persévérance afin de continuer malgré les adversités.