Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
Il y a donc une Église à naître hors de ses murs. Suis-je prêt à y contribuer et à quel prix? Comment autoriser cette Église à naître, pour ensuite vivre et enfin mourir afin de mieux changer? Cette autorisation ne peut pas venir de la hiérarchie de l’Église. Cette responsabilité appartient à sa base d’où émergent toutes les formes d’autorité connues et reconnues. La hiérarchie ne peut que confirmer cette autorité venue des sources mêmes d’un nouvel élan de créativité.
Elle est donc là ma contribution à cette Église naissante en autant que je m’accueille et que je m’accepte dans ce que je suis et dans ce que j’ai à vivre. Il y a donc un MOI existentiel au-delà de mon égoïsme et du prestige que je donne à mes expériences de vie. Ici, quand je dis MOI, je vise aussi le NOUS que nous constituons dans la mesure où vous faites partie de ma réalité en lisant ce que je suis à écrire. Votre lecture donne vie à mon écrire, sinon mes efforts deviendraient lettres mortes sur une page oubliée. Nous sommes donc des initiateurs d’une Église naissante. L’Église serait-elle d’abord un espace relationnel où se véhiculent des valeurs sacrées? Y croire donne déjà un sens profond à sa participation. Pour initier une telle manifestation de vie en Église, il faut choisir de la vivre dans sa plénitude. Ce n’est pas une évidence en soi car qui dit VIE veut aussi dire VÉCU et doit penser en terme d’EXPÉRIENCE. Il faut donc donner une autorité à ses expériences. Si on ne peut reconnaître la valeur de ses désirs, de ses objectifs et de ses accomplissements en Église, comment leur donner une forme d’autorité? Comment demander à la hiérarchie de l’Église de confirmer ce que je renie dans ma propre vie et dans celle des gens qui m’entourent? Ce sont là les bases constructives de l’Église à naître. Y renoncer c’est engendrer une génération de fanatiques qui s’accrochent à tout ce qui passe sans saisir pleinement ce qui doit s’y vivre.
Je n’ai rien contre les vedettes du cinéma et de la chanson qui deviennent autant d’idoles pour différentes générations. Au contraire, je me plais de cette réalité artistique qui nourrit notre quotidien. J’aime ces changements qui indiquent que les choses restent pareilles mais se manifestent autrement. On reconnaît l’autorité d’un artiste à sa popularité chez ses fans.
Dans les faits, l’Église n’a que très peu de pouvoir si ce n’est que l’autorité qu’on lui donne à partir de sa base? Pour donner une autorité aux niveaux supérieurs de son hiérarchie, il faut qu’elle existe à sa base, c’est-à-dire dans la vie personnelle de l’individu par l’individu. Et c’est là où manque un chainon important. Imposer une autorité à une expérience à laquelle on ne se reconnaît pas c’est se poser en imposteur en exposant une relation étroite pour ne pas dire une religion sectaire. Et ce mouvement part de sa base. Je constitue une Église silencieuse et distante quand je mets l’emphase sur le manque d’expérience de ceux qui s’initient à la vie. On peut imiter la vie sans vraiment la vivre. On n’a qu’à s’installer confortablement devant son téléviseur et se croire témoin d’une vie qui se passe ailleurs. Est-ce en cette Église que je veux croire? Comment puis-je prétendre en faire partie quand elle ne se vit qu'au petit écran et qui s'arrête dès que je l'éteins?