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Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.

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Réflexion d'un moine (9)

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Nos émissions de télévision sont-elles devenues la nouvelle religion de nos maisons? L’Église naît des relations humaines de ses membres et Dieu n’est présent que par cette Église vivant de ces principes fondamentalement humains. Ne pas le reconnaître serait priver Dieu de l’essence de son être comme source première de tout bien. Il n’est identifiable que par l’interprétation du mystère qui constitue l’ensemble de nos expériences personnelles pour les unir à un ensemble de coutumes de la collectivité. C’est ce qui nous donne ainsi une identité personnelle et collective en Église.

Je crois toujours en l’humain qui s’engage. Je ne sais pas toujours ce qu’il fait ni comment il s’y prend mais je crois en son potentiel et ce, peu importe ses formes. La norme de ses actions personnelles et collectives devrait toutefois refléter sa relation à Dieu, reproduire l’expérience de sa vie de prière et son attitude religieux, que ce dernier soit à partir des vœux publics ou de ses relations sociales. Cela part nécessairement de l’élément de vie qui l’habite. Si on se dit d’une société d’idées et de débats mais l’humain qui la constitue est foncièrement un être d’expérience et de partage. L’Église se construit à partir de cette expérience et du partage qui en découle. Sommes-nous à évaluer le bon sens social à partir d’une majorité dite satisfaite de sa manière de penser la vie et des débats qui s’ensuivent? Il se permet ainsi une possibilité d'un dérapage collectif, d’un égarement du soi, d'une déviation de ses désirs premiers, du marchandage de ses objectifs à atteindre et tout cela se transpose dans les accomplissements personnels et collectifs de la société et de l’Église. Pour faire fleurir les charismes qui nous habitent, il faut d’abord reconnaître qu’ils nous viennent d’ailleurs. Se faisant, il leur sera possible de témoigner de la fidélité de Dieu établie une fois pour toute dans l’Alliance issue de la mort et la résurrection du Christ.

Mais comment enseigner une telle foi? Quel langage saurait révéler la totalité de cette vérité? Se donner bonne conscience devant les avortements, les divorces, les suicides, les homicides et les autres symboles d'échec à la vie donnerait-il un élément de vie à notre existence? Je pense qu’il est inévitable que pour valoriser la dignité de ses expériences de vie, donc donner une autorité à son expérience de vie et de Dieu, il faut concevoir un discours qui comprend la notion du péché.

Le péché personnel existe tout autant que le péché collectif. Le reconnaître place les assises pour une réconciliation possible et un pardon véritable envers soi et les autres. Car une autorité n’est effective qu’en présence d’un péché à dénoncer, tel qu’apprécier le bien qui est en contournant le mal qui pourrait être. On ne saurait jamais comment bien faire si on ne savait pas aussi comment mal faire. On peut trouver deux formes d’accusation; celle de bien faire le mal et celle de mal faire le bien. Où devrait-on commencer? La solution est d’abord personnelle avant de se faire collective. Pour ma part, je ne peux que commencer dans ma propre vie, là où je suis le seul responsable. En me voyant vivre, est-ce que quelqu’un peut percevoir une vision de la fidélité de Dieu en Jésus Christ? Le sérieux avec lequel je donne une autorité à ma vie exprime la sagesse avec laquelle je veux la vivre. Se faisant, l’Église devient une autorité collective aux témoignages multiples. Mon plus grand péché à mes yeux est encore de vivre comme si je n’allais jamais mourir et mourir comme si je n’avais jamais vécu. Qu’en pensez-vous?

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