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Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.

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Réflexion d'un moine (7)

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On vit tous des expériences qui nous marquent à différents degrés, tant au niveau de l’agir qu’au niveau de la pensée. Peu importe les titres que nous leur donnons, nous cherchons à les répéter tant elles ont été agréables où les rejeter tant elles ont été désagréables. Pour ceux et celles dont la nature n’est pas accessible, je vous propose une expérience très personnelle et bien ordinaire.

L’événement se passe dans un centre-ville achalandé, dans une église vide en présence d’un ostensoir contenant une Hostie consacrée. Le seul effort à faire est de me rendre disponible pour l’expérience à vivre. Aucune apparition céleste, aucune révélation particulière. Seule une disposition volontaire à une nouvelle prise de conscience. Mais quelle prise de conscience!

Nous sommes tous des ostensoirs ambulants. Nous sommes tous porteurs d’un sacré en soi; qu’il soit dans une lunule transparente tant il remarquable et remarqué ou dans une custode opaque tant il est secret et privé. On attire tous à divers niveaux, tant par ses désirs inavoués, ses objectifs à atteindre et ses accomplissements à réaliser. On n’a pas vraiment besoin de Dieu pour être de bonnes personnes. Mais cela peut engendrer une vision limitée sur soi. Une existence bien vécue peut produire de petites étincelles qui nourriront la mémoire de ceux et celles qui m’ont croisé un jour ou l’autre dans leur vie. En autant que ces mémoires veulent bien s’en souvenir, évidemment. Si la mémoire des autres m’oubliait, elle pourrait me conduire à une expérience de vie chaotique. Je ne serai qu’à partir de ce qu’on se souviendra. Or si on m’oublie, que reste-t-il de ce que j’ai été?

Oui, nous sommes des ostensoirs ambulants. Mais l’ostensoir en soi n’a aucune valeur au sens strict du mot. Sa valeur est dans ce qu’il contient; l’Hostie sacrée ou la Présence Réelle. C’est cette Présence qui donne une valeur à mes désirs, à mes objectifs et aux accomplissements qui constituent ma vie et ce, afin de lui éviter le vide existentiel tant dans mes paroles que dans mes gestes. Y a-t-il quelque chose de sacré qui passe à travers ce que je suis? Est-ce que je me donne les moyens pour nourrir et célébrer ce caractère sacré qui dépasse mes composantes physiques, psychologues et sociales de mon être?

Il me semble qu’elle est là la place peu désirable mais combien salutaire de l’Église d’aujourd’hui. Tel qu’on lui a imposé, l’Église d’hier s’est tue d’un discours ancien appartenant à une autre époque. Il a été un temps où une expérience religieuse exigeait qu’on encense les rôles et qu’on vénère les titres selon les fonctions. À l’époque, c’était bien de recevoir une bénédiction d’un prêtre, encore mieux si elle venait de l’évêque et sublime si elle était d’un cardinal. Aujourd’hui, tout est différent. On ne vise plus à vivre une expérience à partir d’une autorité mais plutôt à donner une autorité à son expérience tant personnelle que collective. L’Église en laquelle je crois n’est pas en train de murir à l’intérieur de ses murs, Elle est à renaître hors de ses murs. Suis-je prêt à participer à une telle renaissance?

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