Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
L’Église que j’aime est en devenir. Elle tend vers une meilleure harmonisation de ses ressources humaines pour que le témoignage qui change le monde soit vrai. Elle me paraît comme un bourgeon qui finira par s’ouvrir tant elle est pleine de vie. L’Église est humaine de par sa sensibilité. Certains sentiments d’appartenance frisent le sentimentalisme, mais c’est ce qui constitue sa force et sa fragilité.
L’Église encadre l’expérience de foi qui la fait vivre et vibrer. C’est l’expérience de la vie qui oblige à croire. Le Verbe qui l'habite doit se transposer en actes concrets. De par sa théologie, elle sait des choses qui stimulent sa croissance. De par son expérience, elle comprend des phénomènes que d'autres sciences articulent avec difficulté. Son avenir oblige à croire en cette fleur ou à cette feuille qui dort encore dans son bourgeon. Comme un tournesol, elle cherche son Soleil qui la fera se tourner sur elle-même pour plus de lumière et de transparence.
Il y a beaucoup de beaux germes dans cette Église en devenir. Je pense aux fins de semaine Cursillo où j’ai été témoin de belles conversions radicales lors de ma participation avec l’équipe d’animation spirituelle. Je me souviendrai de ma première rencontre diocésaine de ce mouvement. La personne responsable de l’animation spirituelle diocésaine est une femme mandatée par l’évêque. On me dit que c’est le seul diocèse qui ait une femme laïque à ce poste traditionnellement réservé aux prêtres. Elle a clôturé notre rencontre par une bénédiction en bonne et due forme, comme «un vrai prêtre» diraient les anciens.
Ce geste m’a fait réfléchir. Je comprends qu’en d’autres lieux, il serait mal interprété. L’ensemble des baptisés est-il pas prêt collectivement? Il faut être prudent dans nos nouvelles manières de faire, la susceptibilité et le sensibilité se jouent à tous les niveaux. J'admets toutefois que je crois en la bénédiction qu’elle nous a faite. Elle est aussi valide que si elle avait été faite par un diacre, un prêtre. Oui, il y avait pourtant des prêtres dans l’assemblée. Mais il lui revenait, comme animatrice spirituelle diocésaine, de ne pas déléguer un prêtre sous prétexte qu’elle est une femme laïque. C'est elle la mandatée pour le poste avec tout ce que cela comprend. C’est là pour moi un bourgeon de vie dans une Église en devenir. Je félicite l’évêque pour ce choix fait avec discernement. À trop critiquer le bourgeon on condamne la vie qu’il porte comme promesse d’avenir.
L’Église que j’aime m’appelle à une forme d’itinérance pour rencontrer des animateurs et des animatrices de communauté et des catéchètes dévoué(e)s à la formation des jeunes dans leur milieu respectif. Certes, ils auront à voir à me loger et me nourrir durant mon séjour, mais n’est-ce pas l’équilibre des choses! Comme les gens sont aussi instruits que le prêtre, le prêtre missionnaire n’aura pas à faire des baptêmes et des mariages de masse comme au temps de la colonisation. Il aura quand même des Eucharisties et des pardons à célébrer et des onctions aux malades à administrer. Il y aura encore des agent(e)s de pastorale, mais ils ne gèreront plus leur dossier à partir d'un bureau fixe. Ils auront à nourrir et développer lesdits dossiers avec les gens du milieu. Comme le prêtre, ils devront êtres plus mobiles pour faire leurs tournées pastorales au même titre que le prêtre.
Oui, l’Église que j’aime ressemble à un enfant à sa première journée de classe. On ne sait pas encore ce qu’il fera de son avenir, mais on croit néanmoins en son intelligence! L’Esprit Saint est bel et bien là et il souffle comme il veut, au-delà nos attentes et dépassant nos peurs.