Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
Mon dernier texte a créé des remous et j’en suis heureux! Cela me dit que nous aimons notre Église et nous voulons qu’elle demeure. Comme Église, nous sommes en transition et en mutation. L’Église n’est plus ce qu’elle était hier et nous ne savons pas encore ce qu’elle sera demain. Je me permets toutefois de rêver à une Église missionnaire. Cela représente un autre changement majeur à venir.
Les critères d’admissibilité pour les prêtres, les diacres permanents et les agents de pastorale vont changer. Il faudra démontrer une forme de mobilité. Il faudra prévoir une valise de voyage et envisager un découchage au moins deux fois pas mois afin de couvrir l’ensemble du territoire qui va changer.
Il y a trente ans, je travaillais ici avec un Missionnaire Oblat de Marie Immaculée. J'oeuvrais le domaine des drogues et de l’alcool alors que le père Émilien Carrier o.m.i, avec qui je travaillais, faisait du remplacement en fin de semaine dans différentes paroisses. J’ai demandé les chiffres précis pour comparer la situation sociale des prêtres il y a trente ans. À nous deux, l’abbé Mario et moi, nous remplaçons 20 prêtres. Selon Google, la distance entre le bureau de Port-Alfred et celui de Petit-Saguenay est d'une heure 5 de voyage. Le critère pour des agents de pastoral, des diacres permanents et des prêtres sera de pouvoir de pouvoir s’absenter de leur famille quelques jours pour la mission de l’Église.
Dans mon cas, je me sens déjà missionnaire en Église. Je suis loin de ma famille et je suis disposé aux exigences de la mission. Je suis prêt à faire ma valise et m’absenter de mon logement quelques jours aux deux semaines pour couvrir la charge pastorale qui me sera confiée avec mon prêtre-modérateur. Mais est-ce le cas des agents de pastorale et des diacres permanents? Pourtant, la mission de l’Église va l’exiger! La raison d’être de l’Église sera la mission, sommes-nous prêts?
La mission de l’Église devra s’étendre à tous les paliers. Que ce soit les parents qui demandent le baptême pour leurs enfants, les animateurs du milieu ou les catéchètes. J’ai discuté de la situation avec une agente de pastorale là où je suis prêtre collaborateur. Sa réplique m’a surpris. «Quand nous en serons rendus où les paroisses ne pourront plus se payer des agent(e)s de pastorale, je serai à la retraite. Est-ce une réponse valable pour le défi missionnaire qui nous attend?