Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
Il a été un temps où l’Église se définissait en paroisse. C’était un lieu géographique délimité par des frontières tangibles. Le curé y était le seul maître. Il avait ses proches qui l’aidaient à administrer les finances et à voir, sous son autorité sans partage, les destinées des fidèles qu’on appelait aussi des ouailles. C’était le langage du temps. Ordinairement, le curé s’entourait des dignitaires de l’endroit et ils faisaient front commun.
Vatican II a fait des changements majeurs dans la perception de l’Église. Jean XXIII avait dit qu’il fallait ouvrir les portes et les fenêtres pour aérer l’Église de l’Esprit Saint. Cela ne s’est pas fait sans heurt. On a connu beaucoup de sorties tant chez les prêtres, les religieux que les religieuses. Les changements ne répondaient plus aux convictions avec lesquelles ces personnes s’étaient engagées. On a voulu faire plus de place aux laïcs. J’ai devant moi un livre souvenir qui a été publié en 1988 et qui s’intitule Ces chrétiens que l’on appelle Laïcs dont l’auteur est Pascal Thomas.
Et les changements se continuent. Le diocèse de Chicoutimi a rassemblé ses intervenants en Église en session de formation afin de se donner les moyens intellectuels pour réfléchir son avenir. Je suis toutefois déçu de l’article paru dans le journal Le Progrès-Dimanche du 4 février 2012. La journaliste tente de faire dire au secrétaire de l’évêque des choses qui ne se sont pas dites lors du colloque. Réfléchir à une situation ne signifie qu'on soit prêts à prendre des décisions immédiates. Il y a des événements incontrôlables qui imposeront leurs décisions unilatérales. Est-ce qu’on reconnait qu’une équipe d’agents de pastorale laïcs rémunérée selon les critères des normes du travail représente une masse salariale que les paroisses ne pourront plus payer? C’est là l’événement incontournable sur lequel on n’a aucun contrôle. Personne ne peut prédire les décisions qui devront se prendre seront à sec.
Je suis déçu du texte en question car on y fait mention de 125 agents de pastorale. Pourtant j’y étais et il y avait aussi des prêtres, des diacres permanents et l’évêque. Pourquoi ne pas le dire dans le texte afin d'exprimer l'ouverture qui s'y dégage? Voulons-nous une Église sans les ordres qui la constituent? Pour reprendre l’expression du Cardinal Paul-Émile Léger lors du Concile de 1965, les Ordres font aussi partie de l’Église. Leur rôle est fondamental pour que la religion nese limite pas à la Bible comme un livre de référence sans plus. Il faut des lieux et des temps de célébration qui donnent le caractère spécifique de la foi Catholique. Et ces activités de foi doivent être présidées par des ministres ordonnés, prêtres dans certains cas et diacres permanents pour les autres situations. Autrement, on n’a qu’à se joindre à d’autres Églises chrétiennes qui s’inspirent de la Parole de Dieu comme source de vie.
Une amie publie des textes intéressants qui proposent une rencontre authentique avec la personne de Jésus. En est-il de même pour l’avenir de l’Église? Allons-nous y rencontrer le ressuscité qui appelle à vivre au-delà de nos morts ou allons-nous frapper un mur d’agents de pastorale pour qui les dossiers à gérer sont plus importants que les baptisés qui constituent l’Église? J’admire la patience des évêques car je suis convaincu qu’ils partagent mon questionnement. Des douze apôtres qui ont suivi Jésus pendant trois ans, il n'en restait que onze pour devenir prêtre de la nouvelle alliance. Je suis d’avis que l’accès à l'Eucharistie a été la dominance qui a permis à l’Église de vivre 2000 ans! N’est-ce pas là un témoignage authentique de la résurrection du Christ d’une part et du don qu’il a fait de son Esprit à cette Église qui pense à son avenir? Ce Ressuscité doit être au cœur de cette Église que nous voulons pour les générations qui suivront.