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Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.

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Savoir, comprendre et croire

 

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À lire tout ce qui se publie en ce qui concerne la foi et l’enseignement religieux, je ne peux m’empêcher de sourire en me rappelant une blague entendue: « On ne connaîtrait pas l’ignorance des gens s’ils n’étalaient pas leurs connaissances. » Le savoir appartient aux livres, le comprendre est lié à l’expérience alors que le croire identifie un acte en soi souvent inconnu à l’avance et incompris à prime à bord. La foi est innée et elle s’intègre à la nature humaine. Qui fait analyser son pain pour s’assurer que les ingrédients indiqués sur l’emballage y soient vraiment? On sait ce qui est écrit sur le sujet mais c’est le sujet que l’on absorbe sans questionner. Est-ce à croire que l’on ne questionne que ce en quoi on ne croit plus? On n’a jamais questionné les milieux boursiers jusqu’à ce que les investisseurs en perdent confiance.

On n’a pas inventé la foi, ou la confiance qui en découle, même si on les exprime autrement par des expériences nouvelles. Les changements qui se vivent actuellement en Église ont des racines profondes. Au début des années’30, une mystique française du nom de Marthe Robin avait déjà saisi que l’Église s’inscrit d’abord au niveau de ses baptisé(e)s. C’est dans cet esprit qu’elle a fondé les Foyers de Charité dont nous avons une présence avec le Foyer Val-Racine de Chicoutimi. Elle parlait déjà de l’Église comme Peuple de Dieu quand le Pape Pie XII en a défini le concept en 1939. Il me paraît honnête de croire que le pape Jean XXIII souhaitait l’émergence de ce dynamisme communautaire pour l’Église Universelle lorsqu’il a convoqué la Concile Vatican II, puisqu’il connaissait la réputation de Marthe Robin depuis qu’il a été Nonce en France en 1956.

Je crois en cette Église qui émerge du baptême et qui situe le baptisé dans le monde. Elle est à changer dans sa manière de célébrer car la société a changé sa manière de croire. Les perceptions pourtant distinctes entre la politique et la pastorale ont toujours été confuses dans les propos émis sur l’Église et son enseignement religieux. Mais si on sortait de son milieu pour mieux se comprendre? Par exemple, il n’y a plus d’enseignement religieux dans les écoles du Nouveau-Brunswick depuis plus d’une décennie. À l’émission Second Regard diffusée récemment par Radio-Canada, je n’ai pas reconnu le sanctuaire de l’église où j’ai été curé tant on l’a aménagé pour introduire la catéchèse des enfants au sein de la célébration dominicale des adultes. La réalité en Église peut évoluer, si on lui en donne la chance. On se rappelle du reproche fait aux parents d’avoir forcé les enfants à aller à l’église alors qu’ailleurs, ce sont les jeunes qui demandent aux parents de venir aux célébrations dominicales où on y fait de la catéchèse. En arriverons-nous à une telle expérience chez nous?

Le consensus pastoral pour engendrer un tel projet en Église exige un cheminement personnel et une croissance collective plus longs qu’un débat politique médiatisé dont l’issue repose sur le vote majoritaire. Un évêque et ses conseillers travaillent avec ses membres envers qui ils assument une charge pastorale dans l’optique d’un engagement baptismal, alors que les politiciens et leurs conseillers travaillent pour les électeurs dans l’optique d’une réélection. Les missions ne peuvent se confondre même si tous y assument un ministère. À une porte, on pourrait écrire sur une affiche « Prière de ne pas solliciter» alors qu’à l’autre on écrirait : « Nous sollicitons vos prières! »

Daniel LeClair

 

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