Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
Quel mystère que celui de comprendre le sens de l’Église dans la vie personnelle et dans la collectivité! Il me semble qu’en tant qu’organisme extérieur à ma foi, l’Église n’a aucun sens. À moins qu’elle ne rejoigne la présence de Dieu dans le cœur et la vie des gens tant qui une base personnelle que communautaire. J’aime comparer l’Église à de gruau ou à un morceau de camphre. Le sens de gruau se trouve, non dans sa matière pesante, grossière et inutile mais bien dans son procédé de maintenir une personne en santé par une telle alimentation. C’est la même chose pour le morceau de camphre; son sens est dans le processus de désinfecter le tiroir dans lequel il est placé.
Il me semble que l’Église n’a pas son véritable sens à moins qu’un individu ait surmonté le romantisme émotionnel d’une conversion radicale et qu’il soit ensuite devenu personnellement responsable de son cheminement spirituel et de sa foi en communauté. Quand cette responsabilité sera assumée, il lui sera possible d’avoir une appréciation plus juste et objective de la présence de l’Église tant pour lui que pour sa communauté. Mais cela doit faire appel à une discipline personnelle qui protège du sentimentalisme religieux et des agents influents extérieurs. Autrement, il ressemble à ces jeunes qui veulent régler les problèmes des aînés sans leur approbation ou à ces adultes qui imposent leur solution alors qu’ils omettent de régler leurs propres problèmes.
L’humanitarisme est une subtilité de toute religion. Je ne crois pas qu’il soit réellement honnête de se dire chrétien par qu’on a des penchants humanitaires. On n’a pas besoin de Dieu pour être bon. Peut-on vraiment être indifférent à la prostitution juvénile? Si oui, non seulement ce n’est pas chrétien, mais cela est indigne d’une société équilibrée tant c’est un acte criminel. Selon les spécialistes du sujet, il n’y a aucun mal à assouvir ses désirs sexuels. Mais le faire avec des enfants et un acte criminel que l’Église dénonce comme un péché grave! (Malheureusement, certains faits historiques indiquent que des autorités locales ont caché et protégé de tels actes!) C’est pourquoi je crois que les notions de purgatoire et enfer doivent rester, quoi que leur enseignement devrait être redéfini. Si l’enfer et le purgatoire n’existent pas, je me sentirais brimé dans ma liberté de choisir. Car j’ai toujours été libre de choisir entre le bien et le mal sur la terre, pourquoi après la mort je perdrais ma liberté existentielle de choisir entre le Ciel et l’Enfer? À moins que l’enfer consiste à être expédié au Paradis contre mon désir et ma volonté!
J’apprécie le Baron Von Hugel qui dit que son Église ne porte pas ses richesses sur les murs extérieurs de ses bâtisses. Les richesses de son Église reposent sur la capacité d’offrir une relation intime avec Dieu par le biais de ses rites et de sa liturgie afin de défendre une position socio-culturelle que tissent les associations communautaires. En jumelant le cheminement spirituel et l’engagement social on communie à la réalité de Dieu. Dieu est tendresse et austérité. Mais pour arriver à ce niveau, il faut un dépassement du rapport sentimentalisme par rapport à Dieu. Ce dernier n’est pas une «papa-gâteau». Il n’y a pas de maison de transition pour satisfaire la soif réelle de Dieu. L’Église n’est pas une réalité extérieure à soi qu’on juge à coup de «elle devrait être». Elle est une réalité interne à soi qui s’encadre dans un cheminement spirituel, présente par son «elle est.»!
Je ne peux pas m’empêcher de comparer certaines attitudes face à l’Église avec certaines attitudes face à la sexualité. On connaît tous, sûrement, des gens qui savent tout du sexe tant ils ont tout lu sur le sujet, à partir des publications sérieuses à la pornographie. Et ces mêmes gens, selon certains spécialistes, ne peuvent maintenir une relation intime avec une personne mature au niveau affectif. Sous prétexte d’une certaine liberté d’expression, ils vagabondent d’un partenaire à l’autre selon le fantasme à satisfaire. Pour eux, l’Église est souvent vue de la même manière. Pourtant, l’Église n’a pas la mission de satisfaire les fantasmes érotico-spirituels de ses membres. Par conséquent, certains de ses membres connaissent l’Église pour avoir lu tout ce qui est publié à son sujet. Par contre, ils n’ont aucune vie spirituelle et ce, malgré leurs connaissances intellectuelles. Ils se motivent par une religion de tête et de convenance. Ma question est non pas en fonction de ce que ces gens pensent de l’Église mais plutôt où en sont-ils dans leur cheminement de foi et d’espérance en Dieu? Il me semble que toute la différence est là!