Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
Il y a des 11 septembre qui s’ancrent dans la mémoire et dans le cœur avec de l’encre de Chine. On se souvient du 11 septembre 2001 et on devrait se souvenir du 11 septembre 2010. C’est plus que les derniers chiffres qui s’inversent. Deux célébrations de funérailles attirent l’attention des médias. Certes, il y a les funérailles nationales du jeune ministre Claude Béchard à la Cathédrale de La Pocatière et celles des frères Richard et Jean-Guy Roy à Saint-Hyacinthe. Si j’avais à choisir les funérailles à présider, mon cœur serait triste pour le temps de la décision.
Il y a des hommes qui marquent le monde par leur manière de vivre. Claude Béchard est de cette trempe. Jeune politicien de 41 ans, il lui restait une vie à vivre tant au niveau personnel que politique. On ne nie pas que certaines décisions politiques portent ombrage à l’homme. On n’a qu’à penser à la vente avortée du Mont Orford et au gazoduc Rabaska. Néanmoins, les gens de sa circonscription ont raison de demander que l’autoroute 85 qui relie la ville de Rivière-du-Loup à Cabano soit identifiée à Claude-Béchard.
Par contre, il y a aussi ceux qui marquent la vie des autres dans leur manière de mourir. C’est le cas des frères Richard et Jean-Guy Roy. On se souviendra que l’aîné de 59 ans avait la garde de son frère lourdement handicapé de 46 ans. Le premier est mort d’une cause naturelle alors que le deuxième est mort quelques jours plus tard de faim ou de soif. Et si ce n’était pas des deux à la fois faute de soins. Quelle grande solitude anonyme! Je dis anonyme car on ne savait rien de l’existence de ces deux frères avant leur mort. Et dire que le sort aurait pu être autrement s’ils avaient été inscrits au service d’une popote volante ou aux services à domicile. Quelle différence aussi dans la manière de présenter l’information aux médias. Il y avait bien une journaliste et un caméraman à l’église de Saint-Hyacinthe où on a décrit la procession des urnes mais sans aucune image. Pourtant, il me semble que leurs urnes étaient aussi importantes que le cercueil recouvert du drapeau québécois de l’autre.
Deux points communs en ces deux funérailles si différentes, la cérémonie religieuse n’est pas télédiffusée. Dans le cas des funérailles nationales, la famille a demandé que cela reste intime malgré la aprésence des dignitaires et dans l’autre cas, il n’y a pas matière à attirer autant d’attention puisqu'il n'y a aucun dignitaire, sauf ce que la vie aurait pu avoir de dignité. Mais devant Dieu, qui est le plus grand?