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Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.

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Le requin éboueur.

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Dans mes nuits d’insomnie où la solitude me tient en éveil, j’aime me voir comme un requin éboueur. Est-ce l’ouverture de la pêche blanche à La Baie qui m’apporte de telles images? Il y a quelques décennies quelle a été la surprise d’un pêcheur de Grande-Baie que de trouver un requin éboueur au bout de sa ligne! Cela avait fait la manchette. J’étais allé voir le spécimen que l’homme gardait dans son garage. C’était laid et ça puait! Je l'aime mieux dans ces eaux que je ne fréquente pas.

Les requins de nos rêves sont plus beaux et plus doux. En cet endroit secret du subconscient, ils sont aussi plus discrets. Ils rendent de grands services au-delà de tout soupçon. S’ils pouvaient parler, ils nous conteraient de belles choses sur nos villes qu’ils ne connaissent pas. C’est dans les égouts des villes que s’évacuent les histoires sordides de notre humanité, celles auxquelles on ne veut jamais s'identifier.

Cette image me réconcilie avec mon expérience de la vie. Je suis à écrire des notes autobiographiques pour un éventuel biographe intéressé par un projet d’écriture particulier. Homme de la vie, la souffrance a été mon école de formation. Sans grade ni diplôme pouvant justifier mes connaissances, je continue néanmoins mon bonhomme de chemin sans rien attendre en particulier. Cela me prédispose à une forme de préscience, comme un savoir en devenir. Quelque chose d’inédit est toujours possible tant l’homme déploie son trop plein de la vie telle une punition incomprise. Je tiens ici à remercier ceux et celles qui m'ont appris ce que les universités ne savent pas enseigner tant il y a des merveilles à vivre avant de les étudier. Alcooliques et toxicomanes, merci! Vous avez été pour moi des maîtres au-delà des brevets de mes profs des grandes écoles.

J’aime le requin à cause du préjugé qu’on lui porte. Qui a vraiment envi de faire des longueurs de piscine avec un requin qui bouge constamment avec la gueule ouverte! Et pourtant, on en croise tous les jours de ces gens qui se nourrissent de nos efforts comme s’ils en étaient les auteurs. Comme prêtre, je perçois ces mêmes préjugés et malheureusement la nouvelle qui fait l’heure leur donne raison un peu. Si je pouvais partager mon désir de rester prêtre dans de tels contextes avec des jeunes assoiffés de vie, ceux-ci y trouveraient-ils une source inspirante d’une vocation religieuse? Le monde a plus besoin de témoins que de réflecteurs. Or, on est vraiment témoin de l’amour qu’en situation de haine comme on devient témoin de la foi que dans les conditions douteuses. Je suis témoin de quoi quand il n’y a pas d’adversité? Comment peut-on être différent quand on se noie dans le consensus collectif? Ceux qui se perçoivent différents sont aussi ceux qui envisagent les événements autrement.

J’aime aussi le requin car il doit constamment bouger pour vivre sinon ses ouïes se ferment et il en meurt. Il devient alors comme un corps mort parmi les vidanges en se croyant vivant d’une vie d’ange! Je me demande si le requin peut dormir d’un sommeil profond puisqu’il doit bouger pour vivre. C’est peut-être là la source de nos peurs des requins. Comme on ne sait jamais quand ils dorment on a l’impression qu’ils nous épient constamment. Comment se faire ami avec celui qui nous considère comme une proie. Se percevoir ainsi dans la vie c’est aussi se voir comme un extraterrestre. N’est-ce pas ce que nous dirait le requin éboueur s’il pouvait nous parler? «Ils sont extras tes restes» puisqu’il s’en nourrit et il semble en bonne santé.

Oui, telle est ma vocation de prêtre et les éléments qui la nourrissent. Ma foi se nourrit des plus grands doutes de l’humanité. Ce qui est ne paraît pas et ce qui paraît n’est pas exact. La vérité est en quelque part entre l’être et le paraître. Comment s’y reconnaître? Ma prière s’inspire de ce que la société a rejeté tant elle n’y croit plus comme collectivité. Et pourtant, elle porte en elle un salut qui va plus loin qu’une simple salutation cordiale sur un coin de rue entre amis en quête de se connaître.

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M
comme c'est beau ce texte ,et j'ai tout compris,tout les entre lignes ,je ne suis pas croyante comme vous l'entendez ,je me dis bouddhiste non pratiquante pour la sagesse que l'on y trouve,loin du<br /> matérialisme mais plus je lis des textes comme les vôtres ,de croyants ou de non croyants ,et plus je me sens encore autrement : je suis dans la spiritualité ça c'est certain, je désire m'éloigner<br /> le plus possible du matériel ,et pour une scientifique cartésienne,ce n'est pas facile mais cela me permet une remise en question de chaque jour!<br /> je vous ai mis dans mes favoris car j'aime lire des textes profondément "spirituels" mais totalement différents de ce que l'on a l'habitude d'entendre dans les églises , j'aime la discussion et<br /> apprendre et avec ce blog je crois pouvoir faire un chemin interessant pour moi! merci et à plus tard !
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