Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
Une amie m’a prêté une biographie du Cardinal Léger intitulé «Le Cardinal Léger et la révolution tranquille.» Comme le volume est au bureau, je vous donnerai la référence un peu plus tard.
On se souvient du Cardinal Léger du temps «glamour» de l’Église catholique. Cette biographie le situe dans la période de transition où le clergé avait le contrôle sur la vie sociale du Québec pour ensuite le perdre aux mains des nouveaux penseurs comme Gérard Pelletier, Claude Ryan et Pierre Trudeau. Néanmoins, je pense que le Cardinal a été prophète en son temps.
Lors du Concile Vatican II, il a défendu l’amour humain sans Dieu qui aurait une autre fin que la procréation. Il a même reconnu qu’il y a de l’amour humain et convivial chez les athées et les agnostiques. Il a défendu que l’Église propose aux couples de voir à leurs revenus avant d’envisager à avoir des enfants. On est loin de ce que dénonce Madame Jeannette Bertrand quand elle dit que l’Église obligeait à avoir des enfants, peu importe le revenu familial. Madame Bertrand n’a pas tout à fait tort mais le Cardinal Léger a contribué à changer cette mentalité en Église. Si seulement la disposition morale du Peuple pouvait en faire autant! Il ne me revient pas d’en juger la pertinence de cet enjeu mais on a quand même le droit d'espérer.
Le Cardinal a quitté son palais cardinalice pour une mission auprès des lépreux de l’Afrique. Où sont nos lépreux contemporains et que pouvons-nous faire pour eux aujourd’hui? Ils récriminent contre les symboles religieux qui sont néanmoins les témoins de notre histoire québécoise et acadienne. Par ailleurs, ils consentent aux insignes religieux des autres religions que nous apportent les nouveaux immigrants. Ce mal de vivre relève-t-il d’une lèpre du cœur camouflée dans les courants populaires à la dernière mode comme les nouveaux «in» de la société moderne? Quelle léproserie du cœur pourrait aider le peuple actuel à retrouver les valeurs profondes qui ont toujours fait la marque de commerce de cette masse qui a toutes les raisons du monde pour être fier de ses racines?
Un homme est passé parmi nous et tout ce que nous retenons de lui n’est que les apparats somptueux de ces vêtements cardinalices. Et pourtant, il nous a parlé de Dieu d’une manière telle que nous ne serons jamais le missionnaire qu’il a été. Merci Paul-Émile Léger. Oui, vous avez été Cardinal mais aussi un homme de Dieu. Si Dieu veut encore faire un miracle, qu’il vous comble au-delà de ce que nous retenons de votre séjour parmi nous. L’Église du Québec a eu un Pasteur au-delà de toute considération mais il ne l’a jamais reconnu comme tel. Cela ne ressemble-t-il à cet homme-Dieu suspendu à une croix pour la dérision du peuple de son temps?