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Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.

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Marie, mère de l'Église

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 J’ai lu plusieurs médiations et différents écrits sur l’importance de Marie dans la foi chrétienne. André Sève, dans son livre Oui à l’Église, paru chez Centurion en 1993, m’a aidé à préciser son rôle dans un cheminement de foi. Pour ceux et celles qui croyaient que tout lui était prédestiné, ce chapitre permet de resituer sa pensée sur le sujet. Elle a vécu sa vie collée à la grâce et en se collant à la vie. Très belle réflexion appuyée sur les écrits conciliaires de Vatican II.

«C’est le oui d’une fille d’Israël qui noue en gerbe tous les oui de l’ancien Testament. Et il inspirera désormais tous les oui à Dieu. C’est le premier oui d’adhésion totale à l’œuvre de rédemption du Christ : «En épousant à plein cœur la volonté divine de salut, Marie s’est livrée elle-même intégralement comme la servante du Seigneur, à la personne et à l’œuvre de son Fils.» (Lumen gentium 56) (pp. 165-166)

«Son pèlerinage de foi»

Dans l’admirable chapitre 8 de Lumen gentium, source maintenant de la doctrine et de la dévotion mariales, le concile emploie une expression qui peut surprendre : «Marie avança dans son pèlerinage de foi.» Mais l’Église est un peuple de croyants, comment imaginer que la mère de ce peuple n’ait eu aucun problème de foi? Vers quelle mère irions-nous si Marie n’avait pas cheminé comme nous? (p.166)

Première croyante en Jésus («Comme tu sais croire!» lui dit Élisabeth), elle sera la mère d’une Église méditative, qui avance elle aussi dans son pèlerinage de foi. Une progression souvent mal vue par ceux qui ne supportent pas que la foi soit un chemin.

Marie est le modèle de l’écoute de foi par laquelle on vient à Jésus (Mc 3,35), et donc par laquelle l’Église grandit sous le regard de sa mère contemplative. (p.167)

«Femme, voilà ton fils»

Le deuxième oui de Marie pourrait aussi apparaître comme une petite chose dérisoire et atroce pour elle : accepter Jean comme fils de remplacement! Au pied de la croix elle entend : «Femme, voilà ton fils.» Mais de nouveau va jouer le mystérieux déploiement. C’est là que naît le rôle maternel de Marie à l’égard de tous les disciples du Christ, c’est là qu’elle devient mère de l’Église. (p.167)

La totale réussite de l’Assomption

Troisième expansion du rôle de Marie : à partir de son Assomption. Dans ce mystère, Marie est mère de la réussite finale de l’Église, mère de notre espérance. Première à entrer, derrière Jésus, dans la gloire de la Résurrection, elle est la merveilleuse vision du 15 août. Personne ne sera jamais à ce point envahi par la plénitude de la Résurrection et de plain-pied avec le ciel. Nous regardons, dans cette plénitude, ce que sera l’Église quand peu à peu chacun de ses membres aura rejoint Marie. (p.168)

Médiatrice

Devant cette apothéose est né spontanément le titre qui semble le mieux caractériser Marie : «Médiatrice», au sens de distributrice de toutes les grâces. C’est bien un rôle de mère, tout répartir selon les besoins. Mais Jésus Christ est notre unique médiateur. Pourquoi donner à Marie un titre qu’il faut immédiatement et précautionneusement nuancer, comme le fait d’ailleurs le Concile? (p.169)

Le vrai rôle de Marie est un rôle d’intercession, de telle sorte qu’elle nous obtient les grâces que nous demandons par elle, et elle donne à ces grâces une empreinte maternelle. Elle reste ainsi dans la ligne de son premier consentement à la rédemption. Mais maintenant elle peut nous connaître tous et nous distribuer judicieusement les grâces que nous demandons. Jésus seul donne l’amour, Marie et l’Église répandent l’amour. (p.169)

Marie éducatrice

Les mères sont éducatrices par la parole et l’exemple. Marie est suprêmement éducatrice par ses deux paroles : «Je suis la servante du Seigneur» et «Faites tout ce qu’il vous dira». Elle est aussi éducatrice comme modèle de sainteté. C’est une sainteté de parfaite réponse aux dons de Dieu. Là où chez les plus grands saints on sent l’effort pour bien comprendre ce que Dieu attend d’eux et pour le réaliser. Marie entre tout entière dans son oui avec un tel naturel que sa sainteté est incroyablement discrète, sans histoire mais sans décrochage, sans la plus minime distance entre le «Veux-tu?» du Seigneur et la «Bien sûr!» de la créature. (pp. 170-171)

Sa grande leçon de vie? Elle entrait si totalement dans ce que le Seigneur lui demandait par les événements qu’elle collait à la grâce en collant à la vie. «Qui est ma mère?» demandait Jésus. Et il répondait : «Celui qui fait la volonté de mon Père.» Personne ne l’a mieux faite que Marie. C’est par cet exemple qu’elle est notre meilleure éducatrice.

Quand Jésus va jusqu’à lui dire de changer de fils, elle ne se récrie pas, elle ne se dérobe pas. Dans son habituelle adhésion silencieuse, elle a tout de suite perçu qu’elle ne changeait pas de fils, mais qu’elle entrait dans l’aventure de l’Église : à partir de Jean allait se déployer sa maternité spirituelle. (p.171)

Quel est le rôle de Marie?

Tous les textes et toutes les médiations le disent : Marie nous ramène inlassablement au Christ. C’est le sens de l’épisode de Cana. Femme attentive, elle voit très vite nos manques et se tourne vers celui qui peut les combler : «Ils n’ont plus de vin.» La seule à bien savoir qu’on ne doit plus s’inquiéter quand on s’est tourné vers le Christ, elle encourage les servants : «Faites ce qu’il vous dira.» (pp.172-173)

Mais alors, que fait-elle? Elle nous suit avec une attention féminine et maternelle. Cela lui permet de nous rappeler que l'amour de Dieu a toutes les couleurs de l’amour, même la couleur maternelle. Seule une mère peut faire comprendre le père quand il doit se montrer sévère et doux. (p.174)»

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