Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
J’apprécie que vous ayez respecté mon silence et mon besoin d’une retraite calculée pour mieux revenir. Comme Marc-André Fortin dit dans une de ses chansons : «Jamais parti mais toujours de retour.» Il y a de ces voyages intérieurs qui valent leur pesant d’or.
J’aime les retraites en silence. C’est à la fois une rencontre avec Dieu et aussi avec soi-même. Le Seigneur continue son œuvre en moi comme un miracle à long terme qui n’est jamais complètement achevé. Oui, il y a de ces «actes de Dieu» qui s’échelonnent sur toute une vie. C’est ainsi que Dieu agit. C’est la délicatesse souhaitée par un Dieu dont Jésus dit «Père de par sa nature, avec un cœur de mère de par sa manière d’agir!» Quand j’étais qu’un ado en quête de sens à ma vie, je m’étais fait dire comment il est difficile d’expliquer un orgasme à quelqu’un qui n’avait jamais fait l’amour. Aujourd’hui, je peux redire cela autrement. Il est difficile d’expliquer une spiritualité saine et constructive à quelqu'un qui n’a pas fait l’expérience de Dieu. Je me console en reconnaissant que Dieu a toujours le dernier mot. Cela a été le cas pour ma naissance. L’ai-je choisie avec Lui quand j’étais avec Lui? Je n’en sais rien. Tout ce que je peux affirmer avec certitude c’est que j’étais bien vivant quand j’ai appris qu'il y avait une vie à vivre. Il en sera ainsi pour ma mort. On ne meurt jamais avant son temps, c'est au temps de Dieu et ce, même quand on est au prise avec une maladie mortelle. Dans le même ordre d'idées, la conversion est-elle un choix de l’humain ou une décision de Dieu? Faisons confiance. J’aime croire que Dieu titille discrètement nos humeurs intérieures jusqu’à ce que l’on prenne l’initiative de faire un pas de plus envers soi et vers Dieu dans la foi.
Nous étions 27 participants à cette retraite en silence. Je dois avouer toutefois que j’ai brisé le silence à quelques reprises. Tous les acabits de la société étaient présents. Il y avait des gens avec un certain cheminement intérieur qui ont vécu la démarche avec sérieux. Un couple qui vit en conjoints de fait s'est mutuellement demandé en mariage! Pour ma part, je me suis laissé interpeler par quelques jeunes issus du monde infernal de la drogue. Un groupe de jeunes filles faisait une trêve à leur thérapie pour cette rencontre avec soi et avec Dieu. Un jeune moine converti du monde de la pègre a fait un beau témoignage. Une femme de la rue, toxicomane depuis l’âge de 9 ans avec un premier hold-up armé à 13 ans et 7 ans de pénitencier à son actif m’a fait saisir la grandeur et la délicatesse d’un Dieu aimant contre toute nature criminelle. Trois hommes d’âge mûr ont partagé qu’ils planifiaient leur suicide, l’un depuis le début du mois, l’autre depuis Noël et un dernier depuis novembre dernier.
J’ose croire que c’est là l’avenir de l’Église. C’est un peuple en marche souvent titubant dans ses quêtes de bonheur. Y aurait-il une béatitude que Jésus a oubliée de mentionner? «Bienheureux ceux qui découvrent qu’il y a une vie avant la mort. Leur sourire parlera plus fort que les paroles des savants…!»