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Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.

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La Mémoire du corps et la Quête du divin

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Depuis mon dernier article, ma nouvelle passion pour les chevaux est connue. Dans une nouvelle télévisée, il semble qu’un couguar s’attaque à des chevaux au sud du Québec. Une propriétaire s’inquiète des blessures sauvages subites par son cheval et elle précise les «blessures morales» de son poulain.

L’expression n’est pas banale. Le corps a sa propre mémoire et celle-ci engendre des peurs irraisonnées quand survient une menace qui ressemble à une ancienne activité mal vécue. C’est la vielle blessure enregistrée dans les fibres inconscientes du corps qui se réactive et alimente les sentiments d’insécurité qui collent à la peau et paralysent les nouvelles initiatives. Ces sentiments non raisonnés deviennent alors une source de peurs incontrôlables et indépendantes à la volonté humaine. Ils doivent est pris au sérieux mais sans pour autant être vénérés à des valeurs extrêmes. Les sentiments anciens d’insécurité peuvent engendrer des supers égos difficiles à vivre. Les plus grands criminels sont habités d’une très grande fragilité non apprivoisée et incomprise.

Les animaux peuvent être une très bonne thérapie pour aider l’humain avec sa mémoire inconsciente du corps. La zoothérapie a depuis longtemps fait ses preuves. Le cheval a quelque chose d’imposant de par sa stature physique. Je me rappelle la conversation avec une propriétaire indépendante au «Martingale» déjà mentionné. Son cheval en est un de compétition. Il lui a fallu deux ans avant de pouvoir le monter. Elle devait d'abord trouver en elle-même son propre côté compétitif pour devenir complice de son cheval. Le cheval, comme la majorité des animaux, ressent les sentiments inconscients du cavalier et il peut percevoir un comportement téméraire de celui qui ne se connaît pas et s’impose à sa monture. Je retiens la remarque de Monsieur Robitaille, le propriétaire du ranch : «C’est le cavalier qui forme le cheval.» L’homme engendra des chevaux dangereux tant et aussi longtemps il n’aura pas apprivoisé sa propre dangerosité.

Ceci étant apprivoisé et compris, je comprends mieux l’homme dans son encadrement religieux. Comme le cheval rétif, il rue dans les structures cléricales. Aussi longtemps que l’Église sera «les autres», il refusera le véritable dialogue pastoral participera à la création de deux clans dans l’Église catholique : tant de la part de ceux qui souhaitent une Église à l’image du Christ ressuscité que de la part des avant-gardistes qui rêvent d’une Église plus populaire selon les conventions mondaines consenties.  Une telle aspiration collective ne vise pas nécessairement à arriver à s'apprivoiser pour mieux se  comprendre. Dans la philosophie qui anime la théologie traditionnelle de l’Église, si Dieu n’avait pas mis le plaisir et le désir au cœur des activités sexuelles, l’histoire du Québec n’aurait jamais connu de familles de 14 et 18 enfants. Dans l’évolution culturelle des dernières décennies, l’homme a dissocié le sexe de sa mission première en faisant de ses activités une réponse immédiate à ses désirs personnels dans un plaisir commun. On sait, car c’est inscrit dans notre mémoire du corps, que le plaisir solitaire engendre une forme de culpabilité par rapport aux relations conviviales. On parle de plus en plus de «plaisir coupable» dans nos expressions quotidiennes. En qualifiant sa sexualité à partir de son désir et du plaisir s'y associent, l’humain se cherche des complices pour une activité commune sans avoir à se soucier des conséquences du lendemain.

Une telle sexualité a-t-elle un avenir? Le temps le dira. Entre temps, je connais des chevaux qui ne me font plus peur tant je sens qu’ils peuvent m’aider à décortiquer la mémoire insérée dans les fibres oubliées de mon corps. À ne pas confondre. Je n’ai aucune tendance à la bestialité avec les chevaux!!! Mais par eux, peut-être suis-je à rencontrer un Dieu autre que celui compris et expliquer par des humains qui craignent ou adulent la source de leur différence. Le discours théologique qui en découle, qu’il soit traditionnellement catholique ou protestante, mérite quelques escapades intellectuelles! Qui sait si le Dieu de ma foi n’a pas besoin des animaux pour apprendre à l’homme à devenir humain en apprivoisant sa réserve de mémoire à même les fibres de son corps. Est-ce cela, la «résurrection de la chaire» dont parle notre «Je crois en Dieu»?

 

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