Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
La mort de Jack Layton, chef du NPD, oblige à des considérations sérieuses. Il est resté en politique assez longtemps pour en avoir encore le goût au moment de mourir. Son héritage est comme un cadeau tellement tout neuf qu’on n’a pas eu le temps de l’emballer comme il se doit. L’effet de surprise est différent, comme la politique en laquelle Jack a cru.
Certains analystes politiques disent qu’il laisse de grands souliers à chausser pour son successeur. C’est pour moi fausser l’héritage politique de Monsieur Layton. Est-ce vraiment possible que les 103 candidats élus aux dernières élections ne suffisent pas pour chausser de telles pointures dans l’esprit de Jack, c’est-à-dire AGIR ENSEMBLE? Durant les élections, nous avons su qui était Jack Layton et on a compris sa manière de faire de la politique. On sait maintenant des choses et on comprend mieux l’enjeu de ses mises au jeu politique. La question qui demeure est au-delà de ce que l’on sait et ce qu’on a compris, est on croit encore aux valeurs qu’il a véhiculées? Et cette question s’adresse à tous les députés NPD. C’est en vous tenant ensemble comme l’a toujours voulu votre chef que vous trouverez chacun votre place dans les chaussures qu'il vous laisse dans une enceinteoù la tradition peut étouffer la nouveauté.
Je tente un parallèle audacieux. Quand Jésus est mort, il avait onze amis qui savaient comme il fonctionnait et qui comprenaient pourquoi il fallait agir ainsi. Jésus est ressuscité des morts pour nous ouvrir sur une autre dimension de la vie. Est-ce que Jésus serait ressuscité si les apôtres s’étaient tus? Certainement mais on ne l’aurait jamais su. Il en va de même avec Jack Layton et de son héritage politique. Il revient à la députation NPD de démontrer sa foi en l’homme qui ne peut plus se défendre à partir de ses convictions sur la place publique. C’est ce que nous appelons en spiritualité «l’esprit du fondateur.» C’est plus qu’on souvenir, on appelle cela un «mémorial» : «faites ceci en mémoire de moi!» C’est la source de la mission de l’Église dans le monde. Quelle est votre source de la mission de politicien dans ce même monde?
Chers députés NDP, beaucoup d’électeurs vous ont élus en scandant le nom de Jack au moment de voter. Comment en ferez-vous mémoire de ce nom dans vos nouvelles délibérations politiques, en caucus et au parlement? Je suis des électeurs qui vous scruteront à la loupe pour reconnaître celui qui nous a inspiré de croire en vous. Il vous revient de nous dire si Jack est vraiment mort et s’il n’est pas plutôt parti pour rester autrement. Il n’y a pas que le politique qui peut se faire autrement. C’est un bon départ si, vous les députés, vous sachiez nous témoigner par votre manière de faire que c’est faisable donc réalisable. Les premiers apôtres ont relevé le défi il y a 2000 ans et on parle encore de Jésus aujourd’hui. Que restera-t-il de Jack aux prochaines élections fédérales? Il en restera ce que vous en aurez fait.
Un politicien est mort, longue vie à sa politique! Bonne chance à ceux et celles qui vont assurer sa continuité.