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Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.

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L'importance du discernement

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Mon article «Fragilité mentale» a fait réagir une lectrice. Je m’en réjouis. Quand un texte ne produit pas une quelconque résistance, il est à la limite d’une lettre morte. On parle de lui comme du défunt lors des funérailles.

Je ne suis pas contre les rôles et les titres. La société en a besoin pour évaluer le leadership et l’influence de ses dirigeants. Mais quand un policier tue un autre policier car il n'a pas le courage de se suicider, qu’un médecin assassine ses enfants pour se venger ou qu’un aidant naturel assassine son protégé par désespoir, je me donne le droit de questionner l’importance que l’on donne aux titres et aux rôles sociaux.

On m’attribue un rôle social à partir de mon sacerdoce. La société y a droit. Il en est ainsi pour les diacres permanents, les agents de pastoral permanents et les bénévoles. Il y a ici trois types d’engagement reconnus en Église et c’est très bien ainsi. Si ces types d’engagement rendent de grands services à l’Église et à la société, je suis le premier à m’en réjouir. Mais que dire du discernement qui conduit à de tels services et quel discernement fait-on pour garder son engagement dans la lignée d'un témoignage?.

Mon sacerdoce est en premier lieu au service de mon baptême. C’est mon baptême qui  assure mon salut puisqu’il me situe sur les traces de Jésus Christ. Je suis appelé, par mon baptême, à ressembler à Jésus dans ma manière d’agir et de réagir. Je suis devenu prêtre par appel de Dieu à même mon baptême. Ce faisant, je ne suis pas en concurrence avec personne en Église. Je suis plutôt appelé à travailler en collégialité c’est-à-dire «ensemble avec d’autres types d’engagements.»  Je préside comme un prêtre dans son rôle de prêtre mais dans mon intimité avec Dieu, je prie comme un baptisé qui a encore besoin de miséricorde.

Si je ne fais pas ce type de discernement au préalable, je risque d’imposer ma manière de faire et de dire. Peut-on comprendre qu’il y a ici une source de division alors que nous sommes censés faire l’unité en Église? L’homme qui se perd dans son titre et ses fonctions sociaux reste un homme perdu! Il peut être très célèbre à cause de ses interventions popularisées, mais il n’en demeure pas moins un homme qui se cherche et il ne sera heureux que lorsqu’il se sera trouvé.

Lors d’une rencontre du RAPP (Ralliement des Agents de Pastorale Permanent) du Bas-Saguenay, on a parlé d’une émission de télé parue sur le réseau RDI et qui s’intitule «Ne touche pas à mon église.» J’avoue que je ne l’ai pas regardée. Là, autour d’une même table de concertation pastorale, on s’est franchement poser la question à savoir si on ne véhicule pas dans sa manière de faire un message similaire : «Ne touche pas à ma pastorale.» ? Y répondre en toute vérité exige une démarche personnelle de discernement continue. Ma manière de m’engager contribue-t-elle à témoigner de mon baptême et n’est-ce pas là qu'une division imposée entre l’image que je veux projeter et celle que les autres aiment avoir de moi?

Je remercie cette lectrice pour son long commentaire. Elle me rappelle à mon engagement initial, celui de mon baptême. En est-il ainsi pour les autres types d’engagés en Église et en société? Il leur revient de répondre pour eux-mêmes, je ne peux répondre que pour moi.

 

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