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Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.

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Et si Jean le Baptiste était parmi nous?

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L’Évangile de Marc que nous lisons en ce deuxième dimanche de l’Avent de l’année B me paraît plus près de nous que jamais. La description que l’évangéliste fait de Jean le Baptiste m’interpelle. On y lit effectivement : «Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins, et il se nourrissait de sauterelle et de miel sauvage.»

Le vêtement en poil de chameau fait référence aux valeurs matérielles du temps. Les banques à charte et les caisses populaires que nous connaissons aujourd’hui ne pleuvaient pas en ce temps-là. Les riches transportaient leurs avoirs sur des caravanes de chameaux. Plus on était riche, plus il fallait de chameaux pour transporter le matériel. La ceinture de cuir est l’image de l’autorité. De ceux et celles d’un certain âge, qui ne se souvient pas de cette lanière en cuir de l’enseignante! On sait que Jean était le fils d’Élisabeth et de Zachary. Étant âgés, les parents l'ont cédé à une communauté qu’on appelait les Esséniens. Cette communauté vivait dans le désert et elle guettait les signes de la venue du Messie.

Avec ce que nous savons sur les sessions d’intériorité, de découverte du soi, des autres et de Dieu, de la psychologie et des sciences connexes qui visent à aider l’individu à s’épanouir, est-ce que Jean serait encore dans une communauté dans le désert? Je pense que oui. Les sciences humaines, aussi développées soient-elles, identifient bien le manque existentiel chez l’humain mais elles ne le comble pas. Or, c’est justement ce besoin fondamental que la spiritualité arrive à combler selon les démarches encadrées et sérieuses qu’en fait l’individu. Une telle spiritualité oblige à une forme d’intimité avec soi pour rencontrer le Tout Autre que l’on nomme Dieu.  Quand on comprend le sens premier et profond de l’intimité, on comprend mieux pourquoi nous devons nous indigner devant l’intimidation.

L’intimidation est le vol de son identité profonde issue de la spiritualité. J’acquiesce à l’idée que l’intimidation est maintenant plus virulente avec la venue des réseaux sociaux et des téléphones cellulaires. L'intimidation ne se limite plus aux écoles ou aux lieux du travail. C’est un bris d’intimité qui ouvre les portes à ce qui engendre le sentiment d’un viol spirituel où on en perd son identité profonde. Quelque chose est profondément cassée dans le principe premier de la vie chez la personne. La personne atteinte d’un tel mal ressent plus qu’un simple vide intérieur, elle se sent aspirer de l’intérieur par ce vide qui semble prendre toute la place. Elle veut devenir ce vide pour mieux l’apprivoiser pour qu’il arrête de lui faire mal. C’est totalement contraire à la spiritualité car celle-ci est une présence aimante intime qui permet d’aspirer à devenir ce que nous sommes déjà au plus profond de nous-mêmes, un être aimant et aimé d’une source divine appelée Dieu.

La spiritualité accentue et situe le sens premier de l’intimité afin de se protéger des intimidations malsaines. Elle aide l’individu à fermer son cellulaire pour refaire ses forces intérieures et à remettre sa session sur Facebook ou Twitters pour resituer les paramètres de sa liberté profonde. Si Jean le Baptiste était parmi nous, il nous apprendrait à gérer nos bidules électroniques qui accaparent tant nos besoins d’autonomie. Qui sait si ce n'est pas là le nouveau chemin de liberté tant désiré par ceux et celles qui nous ont précédé?

 

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