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Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.

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Aux petites heures de la foi (1/4)

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Commencer une retraite le jour de la fête de saint Joseph est un privilège en soi. Saint Joseph a toujours pour moi le modèle de la foi à ses premières heures. On se rappelle son expérience avec Marie. Son hésitation est raisonnable. L’ange est intervenu et il a cru. Maintenant c’est l’enfant Jésus qui fait une fugue à 12 ans. Avec Marie, il manifeste ses peurs mais Jésus y va d’une réponse pour le moins douteuse. Il n’y comprend rien mais il fait confiance.

On dit que la foi est un don. En fait, la foi fait partie intégrante à la vie humaine. On pose régulièrement des actes de foi sans le savoir. Ce matin, avez-vous fait analyser votre pain pour vous assurer que ce qui est inscrit sur l’emballage est vraiment dans le pain? Non et cela est un acte de foi. Par contre, il faut faire une distinction entre la foi et une croyance. La foi est toujours envers une personne alors que les croyances sont dans les gestes et ou les rites qui conduisent à la personne en qui on a foi. Par exemple, je ne peux pas avoir foi en ma voiture. Mais je peux entretenir la croyance que je peux m’en servir en toute sécurité. Quand quelqu’un me dit qu’il a des croyances, je vois cela comme un bon signe. Il est en voie, il cherche, il est en cheminement. Quand je les vois participer à l’eucharistie, je me demande alors si pour eux c’est un acte de foi ou une croyance.

L’Eucharistie peut être une croyance populaire qui bat de l’aile. Plusieurs y voient le symbole rassembleur de la communauté. Pour moi, c’est niveler le mystère par le bas. Le pain et le vin ne symbolisent pas le Christ, C’EST LE CHRIST. Le pain nous représente individuellement dans nos misères, nos doutes et nos limites. Jésus les accueille et il en fait son corps. Le vin, issu de la grappe, représente la communauté dans laquelle j’évolue et je progresse. Elle a ses limites et ses revers. Jésus en fait son sang.

La foi prend naissance dans une rencontre authentique avec une personne vraie. Il est là et je le sens et ressens au plus profond de moi-même. Il est plus près de moi que je peux l’être de moi-même. Quand quelqu’un se dit sans foi, je suis toujours surpris des grandes croyances qu’il peut manifester. Il a un grand nombre d’amis sur Facebook mais les rencontrera-t-il tous un jour? On reçoit des PowerPoint qui font réfléchir sur la foi, mais permettent-ils une rencontre à celui qu’on y annonce? La réponse est personnelle et on ne peut pas généraliser les situations particulières.

J’aime rencontrer les parents qui demandent le baptême pour leur enfant. Je constate souvent que ce sont les enfants qui deviennent l’occasion pour les parents de développer leur foi. On aime l’enfant gratuitement. On ne sait pas ce qu’il fera de sa vie une fois adulte, mais on s’investit néanmoins sans compter. Je dis souvent aux parents : «Vos enfants ne seront pas meilleurs que vous. À leur meilleure, ils seront comme vous!»  Cela éveille souvent chez les parents un élan du cœur jusqu’alors inconnu et en lequel ils veulent croire. C’est ce que Joseph et Marie nous enseignent par le passage de l’Évangile d’aujourd’hui. Leur foi en l’enfant leur permet de combattre les peurs et les inquiétudes de base avec lesquels il faut apprendre à vivre.

La vie est une école où l’apprentissage a trois sources. Les verbes SAVOIR, COMPRENDRE et CROIRE ne sont pas synonymes. Le SAVOIR fait référence aux études. Il vise à faire reculer les murs de l’ignorance. Un ami m’avait un jour dit : «On ne connaîtrait pas l’ignorance des gens si ces mêmes gens ne faisaient pas tant d’effort pour étaler leurs connaissances. Le verbe COMPRENDRE fait référence au vécu des gens, un vécu passé par la grille de la réflexion pour devenir une expérience. On entend souvent qu’un tel a beaucoup de vécu. Mais pour se comprendre, il faut transformer ce vécu en expérience pour en retirer une leçon de vie valable. Autrement, on répète les erreurs du passé. Tant à lui, le CROIRE est tourné vers l’avenir. Il s’inscrit dans les projets à venir. Son dynamisme est particulier, il vise à transformer nos doutes en foi. On entend souvent des gens qui disent : «J’aimerais avoir la foi mais je doute trop.» La matière première de la foi c’est le doute. Si tu n’es pas assez intelligent pour douter, ta foi ne peut pas être intelligente!»

Quand je pense à la foi, j’aime l’histoire de ce vieillard vêtu de blanc. Il était le dernier croyant sur la terre. Un jour, le Sultan l’invite à sa table et lui demande de céder sa foi sinon il allait le tuer. Le vieillard lui répond : «J’aime mieux mourir avec ma foi que de vivre sans elle.» L’homme est tué. Après sa mort, le Sultan regarde le cadavre et dit à ceux qui l’entouraient : «Et si c’était vrai!?!» Et la foi a continué sur la terre. La foi repose sur une question fondamentale : ET SI C’ÉTAIT VRAI?

La foi vient de Dieu. Je le compare souvent aux émotions. La science a prouvé que le système émotionnel de l’enfant est développé dès le troisième mois de grossesse. Les émotions constituent un réseau d’énergie perceptible par les sens internes. Les émotions ne nourrissent par les images. D’ailleurs, le premier livre de lecture que l’on fait à un enfant, c’est un livre d’image. Plus tard, l’enfant apprendra à nommer ses émotions. En les nommant, il ne les invente pas. Il se les approprie afin de mieux les vivre selon les situations. Il en va de même avec la foi. Par la catéchèse, on n’invente pas la foi. La foi n’est pas une invention humaine. C’est une révélation de Dieu à ceux et celles qu’Il a choisi(e)s. La catéchèse permet de nommer sa foi pour mieux en vivre. Or, vivre sa foi ne consiste pas à se donner des réponses intelligentes aux questions angoissantes. La foi, c’est apprendre à vivre avec des questions sans réponses immédiates. Avec la foi, le temps est de son côté. On finira bien par comprendre et on saura le pourquoi de la chose.

Si la foi nous vient de Dieu, elle passe néanmoins par les témoins pour se communiquer. Est-0ce que nous sommes des témoins crédibles pour la foi que nous avons à communiquer? Il faut se le dire, personne ne croira au Dieu que nous annonçons si on n’est pas dignes de leur confiance.  Je ne suis pas seul. Je suis là en présence de QUELQU’UN qui m’a aimé le premier. Pour le suivre, il me faut aussi m’accueillir tel que je suis. Là est le premier acte de ma foi.

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