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Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.

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Naïm, du clocher au parvis

975734075505-0-BG.jpgJ'ai trouvé une piste de croissance concernant les clochers d'église en méditant l'Évangile du jour (Luc 7,11-17). La scène se passe à Naïm. C'est la rencontre entre Jésus, ses disciples, ainsi qu'une grande foule d'une part et un mort que l'on transportait pour l'enterrer, sa mère veuve et une foule considérable accompagnant cette femme. C'est la rencontre d'une communauté centrée sur la mort d'une part avec une communauté centrée sur la vie d'autre part. En ressuscitant le fils unique, Jésus donne un sens à l'histoire de nos monuments laquelle est centrée sur le passé sans toutefois faire obstruction à l'avenir que signifient ses disciples et la grande foule qui les suivait.

Il faut conserver nos monuments religieux, c'est un héritage incommensurable qui dépasse l'épopée de nos ancêtres. L'histoire des Acadiens ne se limite pas à la déportation de 1755. L'époque où l'église paroissiale était le centre de la vie du village ou de la ville est révolue. C'est un bel héritage à inscrire dans le patrimoine religieux. Devons-nous centrer l'animation pastorale sur la survie de nos monuments pour autant? Si j'avais voulu orienter mon ministère en ce sens, il me semble que je me serais fait archéologue ou historien. Comment ranimer notre espérance en la résurrection et la célébrer comme il se doit? Il me parait évident qu'il faut s'ouvrir à l'Esprit du Ressuscité et interpeller ceux qui ont le charisme pour mettre sur pied une équipe qui verrait à la sauvegarde du patrimoine, sans pour autant engager l'animation pastorale. L'esprit de clocher n'est pas une fermeture sur la vie mais une réorientation du dynamisme paroissial pour accueillir ceux qui tiennent à leur patrimoine d'une part et ceux qui veulent vivre en collaboration réciproque avec les autres communautés d'autre part.

L'esprit de clocher impose que nous portions notre regard vers le ciel pour saisir la source du tintement qui appelle au rassemblement. Toutefois, il faut aussi baisser notre regard à la dimension humaine pour reconnaître la valeur de ceux et celles avec qui nous formons une communauté de foi rassemblée dans une prière commune. Aurions-nous peur de "la crainte" dont parle l'Évangile en question? La peur paralyse la foi qui prend la forme du mort que l'on porte en terre, alors que la crainte est la reconnaissance et le respect de ce qui nous dépasse et nous incite à la célébration commune. Craindre Dieu c'est reconnaître sa grandeur alors que la peur est tout autre chose.
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