Je suis en période de remise en question. Pour réaliser cet exploit, il faut nécessairement faire des remises en situation, c'est-à-dire remettre les expériences vécues dans leur contexte historique. Refaire les bases de ses engagements devient un acte de foi en soi et nécessite la vérité. Inutile de dire que la vérité toute crue dérange et perturbe un peu. Elle engendre des périodes de colère salutaire, en autant que celle-ci soit tournée vers les situations et non les personnes. Le discernement n'est jamais facile, car il y a toujours des personnes derrière les situations. Pardonner à ces gens ne signifie pas pour autant que l'on devient indifférent aux expériences vécues. Une souffrance passée ressentie au présent est indéniablement le signe d'une blessure profonde qui a besoin de se guérir. Mais une telle guérison ne vient jamais de soi et, malgré sa bonne volonté, elle doit passer par un processus de recouvrement qui n'est jamais facile. Je ne sais pas qui je devrais bénir ou à qui rendre grâce de m'être donné un tel encadrement pour faciliter la démarche que je suis à vivre.
Le ministère lié à mon sacerdoce est essentiellement le mystère de la foi à célébrer à chaque sacrement que je célèbre avec un groupe de gens formant une communauté priante, peu importe le sacrement en question. L'Eucharistie est la source et le sommet de la foi du baptisé. C'est l'action de grâce par excellence. Mais que célèbre-t-on dans l'Eucharistie, la foi d'une communauté priante et son espérance en l'avenir, ou son clocher d'église et son histoire? Ma souffrance de pasteur se situe dans le fait qu'il y a ces deux tangentes dans l'Unité Pastorale dont j'ai la charge. Le défi lié à cela influence la manière de comprendre la Parole de Dieu qui y est annoncée, proclamée et célébrée. Car, au-delà de l'annonce, de la proclamation et de la célébration, il y a l'intégration de la Parole à vivre entre les rassemblements. Défendre son clocher et son histoire n'engendre pas le même dynamisme en Église, ce dynamisme relève plutôt de la politique religieuse que de la pastorale. Or, la politique et la pastorale ne peuvent se côtoyer sur le même banc d'église car l'un se nourrit de nostalgie et l'autre d'espérance. Où situer le dynamisme du pasteur dans un tel chassé-croisé? C'est là où j'en suis rendu dans ma réflexion. Qu'en pensez-vous?
Merci de visiter mon blog et surtout pour votre commentaire. Cela aide à me réconcilier avec l'histoire de nos monuments. Je pense avoir trouver une piste de croissance en lisant l'Évangile de Luc 7,11-17. Je vous invite à revenir visiter mon blog. Merci
Il y a bien entendu de la pesanteur à gérer les institutions héritées du passé, les "clochers" comme vous dites si bien, mais comment faire lorsqu'il n'y a plus d'institution ou pas ? La vie associative hors Eglise instituée n'est pas facile. C'est ce que vivent par exemple les chrétiens unitariens en France dont les Eglises historiques sont en Roumanie, Hongrie, Grande-Bretagne et Etats-Unis. Il faut bien des lieux de culte, des salles de réunion, des points de ralliement dans l'espace, dans les paysages. Sans signes extérieurs, les mouvements ne peuvent guère attirer. Il nous faut bien être visibles d'une façon ou d'une autre. Les sites et les blogs, entre autres, font partie de cette visibilité.<br />
Heureux les catholiques qui ont des clochers ! Avec tous mes encouragements pour votre ministère. Jean-Claude