Le coeur est une éponge sentimentale où s'emmagasinent les expériences qui ont marqué la vie. C'est comme un lac intérieur à partager. La chaloupe est la parole qui annonce et dénonce alors que le moteur est ce désir profond du partage souvent à contre-courant.
Le partage ne devrait jamais se faire à contre-courant. Il devrait se faire en douceur, dans le respect et avec délicatesse. Le contre-courant vient de la tête, des idées préconçues. Cela devient des coups de rames qui fendent la vague ou la fabriquent. On a chacun son idée sur le sujet et celle-ci ne tient pas compte de la sensibilité avec laquelle le coeur absorbe.
Le coeur a besoin de caresses intérieures imprégnées d'une douceur que seul l'amour peut capter. Il y a des situations qui ressemblent au blessé de la route à qui on vient d'enlever son plâtre. Il est en voie de guérison, mais il lui faut une physiothérapie pour remettre les muscles atrophiés par le plâtre en fonction. C'est une étape dans la réhabilitation qui engendre une grande solitude. Seule la sollicitude peut penser les plaies du coeur. Serait-ce un don de Dieu, car elle ne semble pas naturelle chez l'humain. C'est seulement quand le sujet souffrant ne peut plus contenir ses larmes que l'on saisit la profondeur de sa souffrance. Et encore, on questionne d'avantage la foi qui semble lui manquer plutôt que d'orienter le regard à un autre niveau.
L'homme est foncièrement aimant, mais il lui faut apprendre la valeur tangible d'un tel amour. Sinon, il peut être fort cruel dans ses propos malgré ses meilleures intentions. C'est ainsi que j'aime voir la fête liturgique de la "Nativité de la Vierge Marie." On la voudrait un océan d'amour sur les vagues de l'existence. Et pourtant, tel un lac qui s'assoupit à la tombée de jour, prêt en s'endormir avec l'écume de la rosée, le coeur absorbe une expérience de plus qu'il ne sait pas encore comment révéler comme Bonne Nouvelle pour aujourd'hui.