Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
J’ai volontairement enlevé mon dernier article concernant le droit à sa religion en milieu de santé. Je ne m’attendais pas à une telle réaction populaire. Je ne pensais pas mon blog plus puissant qu’un article dans l’opinion du lecteur d’un journal. Ce n’est pas criminel comme situation, mais les réactions qui s’en sont suivies m’obligent à préciser des choses. Je ne voudrais pas être la cause d’une polémique. Il ne faut pas tomber dans le piège de la chasse aux sorcières comme s’il y avait forcément un fautif qui n’a pas accompli son devoir d’état.
Nous ne sommes plus à l'époque d'une religion d’obligation comme l’ont connue nos grands-parents. La société a évolué et cela engendre des situations sociales irréversibles de changements incontournables. Il faut être cohérent avec les choix que nous faisons.
Des études sérieuses appuient la thèse qu’en situation de maladie pouvant menacer la vie ou l’avenir, la personne malade a d’abord besoin d’un soutien humain. Elle peut ne pas être dans une situation pour entendre parler de Dieu ou de religion. La formation des agents de pastorale laïcs est très solide en la matière. Certes, j’ai une formation académique pour accompagner une personne atteinte d’une maladie sérieuse, mais cela ne veut pas dire que la personne malade et ses proches me considèrent comme tel. Combien de fois me suis-je fait passer pour un «ange de la mort» parce que j’ai administré l’Onction des malades à une personne! Cela entre presque dans la légende urbaine. On fait appelle au prêtre quand la médecine n’y peut rien pour le malade. Dans l’opinion populaire, la visite du prêtre précède souvent celle de la firme funéraire.
L’avenir des services pastoraux en milieu hospitalier est réfléchi depuis longtemps et les besoins des malades seront toujours une priorité prise au sérieux. Mais nommons les choses par leur nom, s’il y a pénurie de prêtre c’est que les familles ne croient plus au sacerdoce comme carrière pour leurs enfants. Il n’y a pas ici matière à crier au drame. C’est la conséquence normale d’un choix de société consenti. Je félicite les autorités en place, tant à l’hôpital qu’à l’évêché de tenir compte des besoins réels de la population dans de telles réalités. Je suis convaincu que les agents de pastorale laïcs trouveront un prêtre selon les besoins. La situation se transpose dans les communautés paroissiales depuis un certain temps. S’il a été un temps où les prêtres faisaient tout en pastorale c’est parce qu’ils étaient les seuls formés pour la tâche à l’époque. De nos jours, nous avons des laïcs dont la formation professionnelle est supérieure aux prêtres dans certains domaines de la pastorale. On ne peut plus être des spécialistes en tout. Par exemple, on a des laïcs qui distribuent la communion aux malades dans les hôpitaux et ils le font avec efficacité et professionnalisme. Il en sera ainsi dans d’autres domaines des interventions pastorales en milieu hospitalier.
Je tiens à m’excuser des conséquences de mon article. Je regrette qu’il soit tombé entre les mains de ceux qui n’en demandent pas plus pour monter aux barricades. Je doute que cela servira la cause des extrémistes révolutionnaires. On ne peut pas blâmer les exigences de Rome quand à la base, l’Église est vue comme une succursale de services ponctuels selon des désirs du moment pris pour des besoins essentiels. Il faut être copnséquent avec les choix que nous faisons. On ne change pas le courant du monde de la même manière qu'on change sa manière de penser.