Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
Un ami est malade et il me demande de lui envoyer des ondes agréables avec des pensées positives. Je lui ai promis des prières avec une disposition du cœur honnête. Il vient de m’envoyer un mot de remerciement pour mes pensées positives.
A-t-on perdu le sens de la prière à ce point qu’on n’y reconnait plus l’expression la plus profonde de l’amour? Ces mordus d’un passé qui n’existe plus auraient-ils laissé leur marque à ce point dans le cœur de ceux qui ont encore mal? Que de fois avons-nous prié pour quelqu’un qui avait faim alors que nous aurions pu l’inviter à notre table pour partager notre modeste soupe du jour?
Je comprends mieux le besoin affectif de cet ami qui préfère de loin des ondes positives à des prières vidées de sens. Car le sens premier de la prière est d’abord le rapport avec les autres, surtout les plus mal pris, pour que ce rapport grandisse et devienne un signe sensible de Dieu qui agit dans les cœurs par l’intermédiaire des autres. Le plus grand de tous les sacrements demeure encore pour moi celui de mon frère. Il est «signe sensible de la présence agissante de Dieu» dans ma vie. C’est souvent une présence agissante dérangeante. Mais une véritable rencontre n’est-elle pas un peu dérangeante aussi? Si elle ne dérange pas c'est qu'on ne s'est pas réellement rencontr, seulement croisé au passage de la vie faite de courses inutiles.