Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
Le sauvetage des 33 mineurs du Chili a mobilisé la presse internationale. Au chaud devant nos écrans de télé, on a pu voir en direct le processus de sauvetage alors que le bulletin de nouvelle défilait. Que pouvons-nous retenir de cette expérience?
Pour ma part, je me sens interpelé par leur témoignage de foi. L’un d’eux a dit aux journalistes, «Nous étions 34 en tout, 33 mineurs et l’Autre.» Une enquête nous aidera à comprendre comment une telle mésaventure peut arriver. Mais nous ne saurons jamais ce qu’ils se sont dit pour s’encourager entre le jour de l’accident (5 août) et le jour où ils ont su qu’on les cherchait et qu’on voulait les sauver (17 août). En voyant un mineur faire son signe de croix, Mgr Turcotte avait raison de dire que l’on ne voit plus cela au Québec.
Et si cette solidarité chilienne pouvait nous inspirer pour vivre en Église? Nous ressemblons à ces mineurs coincés à plus de 600 mètres sous terre. Nous nous sentons isolés tant on ne garde de notre histoire que les abus de pouvoir sous différentes formes. Les valeurs que nous voulons véhiculer ne prennent plus l’autoroute de l’information des grandes artères médiatiques.
Les mineurs chiliens ont cru sans savoir et sans comprendre. Ils ne savaient pas comment les sauveteurs allaient s’y prendre, mais ils y ont cru. Ils ne comprenaient comment ils allaient faire pour s’endurer si longtemps dans un espace si restreint, mais ils y ont cru et ils l’ont vécu une journée à la fois. Ils n’avaient ni Bible pour leur rappeler la Parole de Dieu et ni prêtre pour leur célébrer l’Eucharistie et rappeler les principes de la foi. Et pourtant, ils ont cru que Dieu était avec eux dans la mesure qu'ils avaient besoin les uns des autres. Qu’en est-il de notre foi dans une Église dont on ne croit plus en son message tant on pense tout savoir et tout comprendre?