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Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.

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Quand les chiffres parlent

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Les autorités économiques diocésaines sont venues proposer une méthode de calcul pour planifier l’avenir de notre Église diocésaine. Selon les modèles proposés, trois options se présentent aux membres de la communauté chrétienne avec qui j’ai fait équipe. Un scénario propose la fermeture de l’église dans cinq (5) ans, un deuxième scénario anticipe la fermeture dans sept (7) ans et un dernier dans dix (10) ans. Ces propositions sont fictives en ce sens qu’on a apporté des chiffres hypothétiques.  Par contre, ces mêmes autorités offrent un logiciel électronique avec lequel on peut faire parler les chiffres réels de nos communautés respectives. C’est à voir tant on s'est rué pour ce logiciel capable de prévoir l'imprévisible.

L’Église a néanmoins un avenir. Elle devra toutefois faire confiance en l’Esprit qui la conduit. Il lui faudra se faufiler dans les fissures de ses brèches économiques pour s’aérer au souffle inspiré par Vatican II. Oui, on a ouvert les portes et les fenêtres d’une Église renfermée sur elle-même pendant des siècles. On y a laissé entrer une ère nouvelle. Et si nous en profitions nous-mêmes pour s’aérer des parfums de la rue en osant sortir de telles structures financières?

Les esprits de clocher qui ont toujours été autant d’obstacles à la croissance de l’Église seront mis à rude épreuve. Logiquement, on comprend tous l’urgence de fermer des lieux de culte qui vident nos coffres, mais personne ne veut voir fermer SON église! Je crois en une nouvelle évangélisation. L’idée ici n’est pas d’apprendre à accueillir ceux et celles qui se présentent pour un service ponctuel tel qu’un baptême, un mariage ou des funérailles. Je rêve d’une Église qui ira vers ceux et celles qui ne s’y présentent plus afin d’être présente à leur réalité quotidienne. Ma dernière animation à un week-end de spiritualité m’a mis en relation avec des personnes profondément souffrantes. Ces souffrances sont la matière première de cette nouvelle évangélisation voulue par Rome et demandée par ce pape qu’on dit vieillot dans sa manière d’être. Quand on comprendra l’emprise de la curie romaine qui régit ses agir et ses dires, on le félicitera pour son audace digne de sa foi. Pouvons-nous en faire autant dans nos milieux respectifs? Nous avons l’équivalent de la curie romaine qui met autant d’obstacle à notre croissance pastorale et évangélique, elle s’appelle «les finances!»

Que faisons-nous pour nous libérer de telles entraves qui nous tenaillent au niveau des entrailles, là où la vie est censée s’engendrer? Oui, les chiffres parlent et ils nous disent à combien de lieux sommes-nous de notre véritable mission. La force de l’Esprit qui nous habite doit s’exprimer de cette audace première qui est de franchir la distance qui nous éloigne de notre but premier. Jésus Christ et son message d’espoir, d’amour et de foi sont-ils encore au cœur de nos préoccupations pastorales? Si oui, laissons aux chiffres leur droit de parole comme Benoît XIV le fait envers sa Curie toute Romaine! Et qui sait si le miracle tant espéré n’arrivera pas! Ce miracle n’est pas le droit de dire l’Évangile qui nous habite mais bien celui d’être crus par ceux et celles qui entendront une telle Parole de Vie!

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