Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
Je suis de ceux qui ont été sensibilisés à la cause d’Omar Khadr. Contrairement à mon espérance, il a été condamné par les jurés à 40 ans de prison. On sait qu’il y a eu une entente préalable entre la poursuite et la défense pour une sentence de 8 ans de prison dont 1 an aux États-Unis et sept ans au Canada. Je trouve malheureux qu’on se serve d’un enfant de 15 ans, car c’est l’âge qu’il avait lors des accusations, pour passer un message aux leaders d’Islamisme Radical.
Je suis navré de la situation. Dans ma prière, je me sens une certaine affinité avec Omar Khadr. Non à cause des gestes radicaux meurtriers dont on l’accuse, mais à cause du quiproquo dans lequel il s’est trouvé malgré ses meilleures intentions. Il a mal fait mais on veut dire à ses formateurs qu’ils ont véhiculé les mauvaises valeurs dans ce qu’ils lui ont appris à faire. Il y a ici deux formes de radicalisme qui se confrontent. Laquelle aura raison sur l’autre? D’une part, les Islamismes radicaux se servent des enfants comme s’ils étaient de la chair humaine. D’autre part, la haute direction de Guantanamo se sert de ces mêmes enfants pour passer leur message aux adultes qui ne comprennent pas autrement. Qui a raison et qui a tort?
L’espérance ne sait plus espérer quand les rapports humains se situent au niveau de l’œil pour œil et dent pour dent. Jésus nous propose le pardon comme mode de vie. Est-ce le temps de le proposer quand les gens ne se comprennent plus? Une phrase dans un jeu électronique m’interpelle. «La grenouille qui s’habitue au puits ne connaîtra jamais l’océan.» Il en va ainsi de notre espérance quand celle-ci est escamotée. On confond les propriétés du puits qui nous tient prisonnier de ses limites à celles de l’océan qui n’a que l’horizon comme projets d’avenir. Tel est le cas d’Omar Khadr et des Québécois quand ces derniers se limitent à ce qu’en disent les médias quand ils ne croient en la canonisation du Frère André.
Nous sommes tous des Omar Khadr tant on ne croit plus à ce qui a été enseigné comme valeur fondamentale pour la continuité de la vie. Que l’on soit jugé par un juré en Guantanamo ou aux médias, les verdict est le même.