Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
J’arrive d’un voyage de 2 semaines et demi en Acadie. J’ai passé du bon temps avec mes frères, j’ai partagé des temps d’arrêt avec des ami(e)s de longue date. Je retiens ma rencontre avec mon filleul et l’épouse d’un autre neveu. Ce qu’ils ont en commun? L’enseignement. Le filleul vient de graduer alors que l’épouse du neveu est dans le métier depuis 13 ans. À les entendre parler des nouvelles techniques d’enseignement, leur réalité quotidienne dépasse notre imagination au temps où nous regardions Cosmos 1999 et Star Wars. Les tableaux et les craies de mon enfance sont remplacés depuis longtemps par des écrans tactiles branchés sur Internet.
L’avenir nous réserve des sueurs relationnelles. Nous parlons de plus en plus de l'intimidation liée aux nouvelles technologies. Les jeunes seront-ils encore accessibles afin d'apprendre les valeurs humaines que nous considérons comme existentielles, notamment le respect des différences? Les parents se sentent dépassés devant les nouvells techniques de communication et cela risque d’isoler les nouvelles générations dans un mal de vivre incommensurable. Habitués au phénomène texto, les jeunes parents et professeurs se demandent comment inciter les relations en dehors de ces nouveaux mediums réseautés.
La technologie n’a pas que du négatif. Lors de la dernière rencontre du Conseil Pastoral Unifié de Saint-Alexis, qui regroupe aussi les communautés de Ferland et Boilleau et Saint-Félix d’Otis, il a été proposé que des démarches soient faites avec la télé communautaire de La Baie (TVDL) pour que j’aie un temps d’antenne afin de rejoindre les gens chez eux par le biais de la télévision. J’ai fait les démarches demandées. Le responsable de la programmation voit d’un bon œil qu’il y ait un quinze (15) minutes gratuites pour une causerie hebdomadaire sur la spiritualité. La même émission pourrait passer jusqu’à quatre (4) fois pendant la semaine.
Évidemment, on ne peut pas y parler de religion. Je pense pouvoir relever le défi. C’est la spiritualité qui donne le sens premier à nos relations humaines. C’est le remède à nos manques existentiels dans nos rapports humains. La religion, comme la théologie, constitue l’encadrement de nos coutumes de foi. Il faut reconnaître les expériences d’espérance à même nos relations humaines. Pour ce faire, on ne peut pas sacrifier cette nature existentielle qui s’articule dans nos relations humaines et ce, au profit d’une technologie qui nous qualifie dans nos réseaux sociaux sans pour autant nous donner une identité humaine.
Il y a de fortes chances que le projet soit accepté. J’ai hâte de faire mes enregistrements. Je prévois deux sources d’observation et d’analyse. D’abord au niveau du CPU qui m’a proposé cette démarche, mais aussi au niveau de la station de télé communautaire. Je tenterai de répondre aux exigences du réseau qui demande de ne faire référence à aucune religion. Les téléspectateurs seront invités à m’écrire des questions à mon adresse courriel ou à la station de télé. Si nous constatons que les questions s’orientent d’avantage sur la religion catholique, car c’est là que se situe la majorité des gens de la place, nous réévaluerons l’approche. Est-ce qu’on continue l’approche spirituel sans référence à une religion spécifique pour respecter l’aspect communautaire ou est-ce qu’on accepte des commanditaires et que l’émission devient plus commerciale? Ce faisant, nous aurons le choix de nous limiter à 15 minutes ou de prolonger à 30 minutes. Le temps le dira. Entre temps, acceptons que les grandes décisions engagent certaines sueurs nécessaires pour l’avenir du peuple que nous constituons, un peuple voué à un avenir prometteur.