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Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.

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La mémoire moléculaire

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J’ai fini la lecture du livre de sœur Marie Paul Ross Je voudrais vous parler d’amour et de sexe. Je viens vous partager mes impressions de lecteur.

Je reconnais le combat intérieur de l’auteure par rapport aux préjugés qu'elle a eu à surmontés.  Elle a su convaincre ses supérieures de la nécessité pour elle de venir sexologue. Elle a puisé dans son expérience missionnaire d’infirmière pour étaler des arguments convaincants. Elle a eu aussi à surmonter les préjugés de ses collègues de classe. On ne comprenait pas les intérêts qu’une religieuse pouvait avoir pour un tel investissement. Les expériences rencontrées par sœur Marie Paul ne sont pas étrangères à ce que j’ai vécu comme intervenant en toxicomanie. Somme toute, le contenu du livre n’a rien ajouté aux informations que j’avais déjà sur le sujet.

Je rejoins la pensée de l’auteure sur la nécessité d’une formation en matière sexuelle pour s’éviter des drames psychologiques majeurs. J’avais appris que l’enfant à naître possède son réseau émotionnel dès le troisième mois de grossesse. L’enfant ressent dans le sein maternel les sentiments de la mère. Il naît avec ce bagage émotionnel. Plus tard, il apprendra à nommer ses émotions afin de mieux les canaliser dans ses expériences quotidiennes. Il ne les invente pas en les nommant, contrairement à ce qu’on aimerait en croire.

C’est ce que l’auteure identifie comme la mémoire moléculaire. Chaque molécule du corps enregistre les sensations primaires et elles sont capables de les garder en mémoire. Cette sensation intérieure engendre le système de l’imagerie interne qui motive les réactions profondes de la personne. Cela m’aide à comprendre ma réaction devant un chien de race doberman. J’ai toujours cette sensation au niveau des jarrets que je ne peux pas contrôler et ce, peu importe le raisonnement que je peux m’en faire. J’ai déjà partagé cela avec un de mes frères plus âgé. Il m’a dit que j’ai été traîné par un doberman qui me tenait dans sa gueule par les jarrets. Il était surpris que je m'en souvienne alors que je n’avais pas deux ans au moment de l’événement.  

Dans les faits, j’en n’avais aucun un souvenir cognitif au niveau du cerveau mais la mémoire des molécules au niveau des jarrets s’en souvient et elle rappelle la sensation primaire bien ressentie quoique oubliée au niveau cérébral. Les chiens aux allures de doberman auront toujours un effet néfaste sur mes réactions internes. Ces réactions ne se raisonnent pas, elles sont un point et c’est tout. J’aurai la chance de revenir sur le sujet sur les mesures à prendre dans les situations d’avortement et d’agression sexuelle. Ce ne sont pas des expériences banales et un encadrement constructif est essentiel.

J’ai des réserve toutefois à recommander le livre de sœur Marie Paul Ross. C’est au niveau de l’écriture. Elle passe souvent du cas particulier vu en thérapie au général du commun des mortels et ce, sans préavis. À un endroit, elle commence un paragraphe en parlant de sa clientèle religieuse. Selon son estimation, 20% de sa clientèle respectait son engagement religieux et de chasteté. D’amblée elle affirme que 80% des prêtres et des religieuses ne respectent pas leur engagement au célibat. L’affirmation est fausse. C’est 80% de sa clientèle. Or, il n'y a pas de preuves que ce soit le cas de ceux et celles qui ne l’ont pas consultée. Ils ne sont donc pas représentés dans de tels  statistiques. C’est malheureusement l’information qui a passé dans les médias.

S’il y a une situation où deux moitiés ne font pas un entier, ce livre en est un exemple frappant. Il y a trop de sentiments personnels pour considérer ce livre comme un ouvrage valable en sexologie d’une part et elle ne va pas assez dans le témoignage de ses sentiments d’autre part. À trop mêler les genres littéraires dans un même livre on en arrive à écrire quelque chose qui ressemble à Je voudrais vous parler d’amour et de sexe. En parler est une chose. Mais qu’est-ce qu’on peut en dire de constructif? Écrire un tel livre n’inscrit pas des notions solides dans l’esprit du lecteur. Je ne dis pas que le livre est condamnable. Mais j’invite le lecteur à la prudence intellectuelle. L’auteure dénonce des situations fortes qui sont déplorables. Sont-elles vérifiables afin de les solutionner? Ça c’est une autre question.

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