Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
Lire Luc 15, 1-3. 11-32
La parabole de l’enfant prodigue est une histoire pour notre temps. Elle constitue un drame familial et culturel à en croire que Jésus savait que 2010 ans plus tard, son propos serait encore d’actualité.
Il faut se situer dans le contexte. À l’époque de Jésus, le tissu familial et culturel était tissé serré. La famille et le clan assuraient la survie des individus. Quand le plus jeune des fils demande son héritage, il annonce par cette demande la mort du père. C’est le rejet du fils par rapport à l’appartenance familiale. En dilapidant ses biens avec les filles de vie, il rejette les valeurs parentales, en allant prendre soin des porcs, il renie sa culture. Dans ce contexte, la réaction du fils aîné est justifiable. Certes, on peut contempler l’attitude accueillante du père. Mais l’exemple est une insulte pour les auditeurs. Le texte ne dit pas que le fils prodigue se soit donné une douche avant de revenir vers le père. On peut donc sous-entendre qu’il sentait le porc, il sentait ce que la famille et sa culture avaient rejeté. Le père l’embrasse tel qu’il est. C’est après l’avoir accueilli qu’il réclame de l’eau, des vêtements, une bague pour resituer l’alliance avec le fils perdu et finalement, que l’on tue le veau gras pour la fête!
Le fils aîné nous ressemble à bien des égards. On se croit fidèle parce qu’on n’a jamais désobéi mais on ne se réjouit pas de l’accueil que Dieu fait à nos frères et sœurs prodigues. Ceux-ci nous arrivent d’un très long parcours que nous n’aurions jamais risqué, ils sont riches d’une expérience que nous n’aurions jamais osée. Ils ont des choses à dire sur l’amour de Dieu qui pourraient agrémenter notre perception de l’amour de ce Jésus qui nous accueille à chaque eucharistie. Malgré sa faute, sa très grande faute, le fils prodigue a cru en la miséricorde du Père. Ce n’est pas le cas du fils aîné. Où est-ce qu’on se situe dans son rapport à Dieu et à l’amour qu’il nous demande envers ceux et celles qui nous sont si différents?