Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
Le 2e dimanche du carême m’est apparu comme une révélation dans laquelle on peut y lire notre histoire chrétienne. Dans la 1ère lecture (Genèse 22,1-2.9a.10-13.15-18) on voit Abraham prêt à sacrifier son fils Isaac. Cela me fait penser à cette période où il ne fallait pas déplaire à Dieu. «Dieu premier servi» a longtemps été la maxime de toute une génération. Il fallait craindre Dieu car Il pouvait se montrer intransigeant et exigeant. C’est le Dieu punisseur que plusieurs ont connu.
Il est intéressant de voir dans la 2e lecture (lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8,31b-34) que l’expérience d’Abraham de la 1ère lecture est reprise par Dieu avec son fils Jésus pour notre salut. Mais ici, le don est entier et sans détour.
L’Évangile est particulier (Marc 9,2-10). Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean. Pourquoi pas les douze, puisqu’ils sont ses apôtres? J’y vois ici deux raisons. D’abord, parce que c’est Jésus qui choisit. Avec les apôtres Pierre, Jacques et Jean, c’est essentiel de l’Église qui est ici en cause.
Jacques est l’apôtre de la pastorale sociale. «Sans les œuvres, la foi est vaine!» peut-on lire dans la lettre de saint Jacques. Pour Jacques, il faut prendre soin de la veuve et de l’orphelin. Pas seulement la veuve, mais aussi de l’orphelin c’est-à-dire celui qui dérange et qui questionne. Durant l’expérience du mont Tabor, il ne dit rien mais il y reconnaît les éléments pouvant lui aider pour une meilleure pastorale sociale.
Jean est l’apôtre du cœur, de l’intériorité, de la contemplation et des sacrements. Lui non plus, il ne dit rien. Y voit-il des éléments de retraites à prêcher dans un proche avenir? Ce sera son secret. Mais pour lui, tout prend son sens car le cœur y est.
Pierre est le chef de l’Église qui verra à harmoniser les élans de la pastorale sociale de Jacques et les ardeurs de la vie contemplative de Jean. Il est celui qui ne plaît pas. Pour les disciples de Jacques en pastorale sociale, il est trop était étroit d’esprit. Alors pour les tenants de Jean et de la contemplation, il trop large d’esprit.
Les défis de l’Église viennent de l’intérieur. Pouvons-nous croire que le successeur de Pierre soit celui qui pourrait harmoniser la pastorale sociale et celle de la contemplation? Là est la différence entre la transfiguration et la défiguration. Les médias en ont tellement à dire contre l’Église qu’on a raison de se demande si on peut s’y identifier.