Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
J’étais à un répit avant de joindre à mon ami Yves pour une randonnée en raquette. Je viens de présider cinq célébrations en 48 heures. J'ai dégusté un repas typique de la région, une tourtière du Lac-Saint-Jean comme symbole de rassemblement familial. Je suis devant la télé quand on présente à l’émission «Second Regard» à Radio-Canada une entrevue avec une intervenante d’un bidonville de Rio au Brésil où la corruption est à tous les niveaux; la police, les intervenants et les politiciens. La vie s’y joue au jour le jour avec les risques au quotidien. Des affiches à connotation religieuse jonchent les rues du quartier. À première vue, on aurait dit un quariter très chrétien. Et la personne interviewée expose son opinion. Les affiches représentent pour elle une religion qui aliène les gens dans une religiosité morbide qui justifie son refus de croire et ce, même si elle en engagée dans la communauté.
Je ne connais pas les conditions de l’Église de Rio. Mais j’ai quand même fermé la télé. Je ne pouvais plus écouter cette personne interviewée. Ce n’est pas l’Église pour laquelle j’ai été ordonné prêtre. Loin de moi l’intention d’aliéner le Peuple à qui j’annonce la Bonne Nouvelle.
Je ne comprends pas certains comportements qui réduisent l’homme à un niveau plus bas que la bestialité. J’ai des amis qui ont une maison d’accueil. Ils doivent passer en court car l’un des enfants à leur charge dénonce l’ami de sa mère qui, non seulement bat sa mère mais abuse aussi de lui au niveau sexuel, alors qu’il n’a que 3 ans.
Ces responsables de cette maison d’accueil sont à mes yeux l’image de Dieu qu’il faut encourager. Certes, si on donnait la parole à l’homme abuseur, il n’y verrait qu’une Église aliénante qui réduit ses adeptes en une manière de penser qui porte atteinte à ce qu’il prétend être une liberté d’expression sur un enfant de 3 ans. Telle est aussi la situation sociale à ce Rio de l’interviewée de «Second Regard».
Que ce soit un abuseur d’enfant au Saguenay ou des responsables sociaux de Rio, l’Église n’est pas une aliénation du Peuple. Elle est celle qui croit en un Dieu de Justice pour les misérables de ce monde. Et si la société crée de tels misérables, il faut qu'il y ait une Justice pour les victimes d'un monde sans scrupule et sans Dieu. Et il y aura une justice finale au détriment de ceux qui ont cru que la Justice n'était que pour eux, alors qu’ils auraient pu être des signes sensibles d'un Dieu qui aime et libère son Peuple. Dieu n’a pas besoin des hommes pour être et Sa Parole aura le dernier mot sur la vie, peu importe ce qu’on en aura fait.