Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
Il est intéressant d’entendre le texte nous dire qu’il a un homme qui est influent et membre du Conseil dont le nom est Joseph D’Arimathie. Mais le conseil en question est celui qui a condamné Jésus. De quelle influence a-t-il joué? S’il était si influent que cela, ne pouvait-il pas changer le cours des choses en faveur de Jésus? Le texte dit aussi qu’il alla avec courage demander à Hérode le corps de Jésus. En quoi lui fallait-il un tel courage? Ce que le texte ne dit pas mais que le contexte exige que l’on comprenne c’est, quand quelqu’un était mis à mort publiquement, on guettait ses proches afin qu’ils ne provoquent pas de rébellion. En demandant le corps de Jésus, Joseph d’Arimathie se mettait la tête sur la bûche en risquant la mort pour lui-même sinon la prison. Il fallait une grande humilité de la part de Joseph d’Arimathie car Hérode ne le croit pas. Il demande au centurion qui était présent si c’était vrai. En quoi Joseph d’Arimathie était-il si influent si d’une part il ne peut changer la décision du conseil dont il est membre et d’autre part, il n’est pas cru quand il se présente devant Hérode pour demander le corps de Jésus? Le témoignage de Joseph d’Arimathie n’est pas dans ses paroles mais dans son action. Il n’est pas un politicien qui influence par ses paroles mais un homme de Dieu dont les gestes parlent plus fort que les mots. Il y a ici plusieurs actions qui parlent plus fort que des paroles vides.
1- Est-ce Joseph d’Arimathie a renié la Conseil auquel il faisait partie parce qu’on n’était pas d’accord avec lui? Autrement dit, avons-nous raison de renier notre appartenance à l’Église quand elle ne dit pas comme nous sur des sujets délicats comme l’avortement, la sexualité et autres enjeux sociaux? Quand le cardinal Ouellet a pris position sur la responsabilité morale par rapport à l’avortement, nous avons ouvertement condamné ses propos à cause des cas de viol. Mais est-ce que tous les avortements qui se font au Québec relèvent tous et uniquement du viol? Si oui, pourquoi n’y a-t-il pas plus de plaintes légales afin de départager la responsabilité? Est-ce que nous savons que c’est le cardinal Léger qui, lors du Concile Vatican II en 1965, a défendu l’amour libre; c’est-à-dire qu’un homme est une femme pouvait s’aimer mutuellement sans croire en Dieu? Si cette affirmation a ébranlé la morale du temps, elle a néanmoins rallié plusieurs pères conciliaires. Malheureusement, en Rome et ses conciles et nos communautés paroissiales, les propos du Cardinal ont changé de sens. «L’Amour libre» est devenu pour nous une liberté sexuelle sans engagement. Fais ce que tu aimes et aimes ce que tu fais en laissant à l’autre la responsabilité qui en découle. Et c’est au nom de cette liberté que nous préconisons l’avortement pour des grossesses non voulues.
2- Le courage de demander le corps de Jésus. Joseph d’Arimathie créait un précédent important. Il mettait sa réputation en jeu. Il a pris le risque que l’on interprète son geste autrement. Comme en 1982 où on a demandé à Jean-Paul II de parler sur le mariage lors d’un voyage à Lourdes. Selon Patrick De Plunkett qui a écrit «Benoît XVI est la volonté de Dieu», le pape a parlé sur ce en quoi il croyait; la fidélité. Un journaliste français titrait dans le journal dès le lendemain : LE PAPE EST CONTRE LES PRÉSERVATIFS. Quand on lui a demandé pourquoi un tel titre puisque le pape n’en avait pas parlé, la réponse du journaliste a été pour le moins bizarre : «Justement, il n’en a pas parlé parce qu’il est contre.» Cette affirmation gratuite a poursuivi Jean-Paul II jusqu’à sa mort alors qu’il n’en avait jamais parlé. On retient du cardinal Paul-Émile Léger que les images gardées de l’émission «L’Orgueil» dans la série «Les péchés capitaux.» Peu importe l’amitié qui liait l’archevêque de Montréal au pape Pie XII, il n’en demeure par moins qu’il a été le premier Canadien français a être élevé au rang de Cardinal. Si le mot «Québécois» avait existé à l’époque, on dirait aujourd’hui qu’il a été le premier Québécois reconnu par Rome. C’est le maire Jean Drapeau qui en a fait la fierté de sa ville et le Premier Ministre Maurice Duplessis qui en a fait autant pour les Canadiens français de la Belle Province de l’époque.
3- J’essais d’imaginer Joseph D’Arimathie dans l’échelle pour décrocher le corps de Jésus. Car le texte dit bien que c’est lui qui a posé le geste et non qu’il l’ait fait faire par un autre. En montant dans l’échelle, il a d’abord fallu qu’il se dépouille des vêtements amples qui l’identifiaient au conseil auquel il appartenait et qu’il s’expose à la vue des personnes présentes. C’est devant ces dernières qu’il a fait corps-à-corps avec le cadavre de Jésus. Pour ce faire, Joseph d’Arimathie nous apprend à nous libérer du syndrome de Judas en resituant le circuit et le courant entre la tête remplie d’idées idéologiques et le cœur habité d’une force de vivre dans la vérité. Le message de Joseph est clair; on ne juge pas la vie d’un homme à sa manière de mourir. Jésus est mort comme un malfaiteur et son corps était destiné à la fosse commune des personnes anonymes qui mouraient de cette manière. Quand on a inscrit à sa tête «Jésus, le roi des Juifs» cela pouvait aussi supposer les morts anonymes de toutes les fosses communes. Le linceul représente la dignité de l’homme qui vient de mourir. La tombe dans le roc suppose que même si personne ne croyait les paroles de Joseph, son geste parle plus fort et là réside la véritable influence que l’on retiendra de Joseph d’Arimathie.
L’avenir de l’Église repose sur les Joseph d’Arimathie qui sauront faire parler les gestes plus fort que les mots bien articulés parce que bien réfléchis. Cet avenir n’est pas loin. Récemment, quelqu’un me disait que les statistiques parlent d’elles-mêmes. Pour qu’un peuple puisse assurer sa survie, il lui faut une moyenne de 2.5 naissances par année. Les plus optimistes disent que le Québec se situe à 2.1 naissance par année. D’autres, peut-être plus pessimistes, disent que le taux de natalité au Québec est de 1.8 enfant par année. Par contre, le monde musulman est de 8.3 naissances par année. On reproche encore à l’Église catholique d’avoir garder le peuple dans l’ignorance. Cette Église est devenue muette tant ses dirigeants ont perdu une quelconque forme d’autorité morale. On ne les croit plus quand elle parle. C’est une évidence que la culture musulmane sera majoritaire dans le monde à cause de son haut taux de natalité. Si les images qui circulent sur Internet disent vrai, le vendredi après midi lors de la prière musulmane, la grande artère du boulevard Madison à New York est fermée à la circulation automobile car des musulmans y font leur prière en pleine rue. Imaginons qu’il en soit ainsi le vendredi après-midi sur le pont Dubuc, alors que nous poursuivons un Conseil de ville fait une prière de 25 secondes avant une séance.
Peu importe le nombre de musulmans dans le monde, quand on leur demande si Mahomet est Allah, ils disent que non. Allah est Dieu et Mahomet est son prophète. Ce dernier n’assure pas le salut, seulement une perception de Dieu qui établi la règle de vie entre les hommes. Or, Jésus est Dieu. Il est l’égal à Dieu quand on dit qu’il est assis à la droite de Dieu le Père. Nous allons approfondir cette dimension de la divinité de Jésus demain quand nous aborderons le troisième besoin fondamental du peuple Chrétien lié au cœur de prière.
Les faux témoignages de notre foi ne manquent pas. Nous sommes le seul peuple qui tolère le sacre religieux dans le vocabulaire de tous les jours. Quand on sait qu’une révolte a actuellement cours en Afghanistan musulman parce que le pasteur intégriste américain Terry Jones a brûlé une seule copie du Coran, on est en droit de se demandé qu’est-ce qu’il nous arriverait si on sacrait en musulman! Et pourtant nous acceptons que ce qui constitue notre culte divin devienne aussi une vulgarité dans le vocabulaire de tous les jours. Est-ce réellement une ouverture d’esprit de notre part ou une fermeture par rapport à ce que devrait être notre responsabilité dans une société que se veut libre de toute contrainte? Nous en reparlerons demain lorsque nous aborderons le cœur de prière.