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Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.

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Coeur de témoin (2)

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 Lors de ma retraite fondamentale au Foyer de Charité de Sutton, il y avait des jeunes venus d’une maison de thérapie pour toxicomanes. Parmi ceux-ci, deux filles ont avoué leur avortement à l’adolescence et du pardon qu’elles ont vécu au plus profond d’elles-mêmes lors de la retraite, à ce point de donner un nom à chacun des enfants qu’elles ont avorté. L’un de ces enfants porte mon prénom car la mère ne sait pas si c’était une fille ou un garçon. Daniel peut pour autant s’appliquer à un garçon qu’à une fille. C’est moi qui lui aie suggéré ce prénom dans un moment où j’ai manqué au silence. Un autre jeune homme souhaitait faire partie d’un groupe de motards. Il a été déçu quand il a appris qu’il était le trophée d’un membre qui voulait graduer dans le groupe en accomplissant un meurtre. Il lui a tiré dessus. Il a du faire le mort pour avoir la vie sauve. Est-ce qu’on peut comprendre ce qu’il a vécu durant la retraite en réalisant l’amour de Dieu pour lui? Cela a été une question de vie et de mort.

Jésus a connu la croix et ce n’est pas un symbole pieux. Il a eu soif et ce n’est pas une imitation de nos manques d’amour. On lui donne une eau vinaigrée qui représente tous nos semblants de bonheur éphémère et mensonger alors qu’il voulait de l’authenticité. J’ai travaillé plus de vingt ans avec des alcooliques et des toxicomanes. On ne comprend  pas que des personnes intelligentes choisissent de tout sacrifier pour une illusion de bonheur. J’ai connu et j’ai revu lors de ma retraite de ces gens dont le mal de vivre criait une soif de vivre et tout ce qu’il recevait n’était qu’une eau vinaigrée qui a augmenté leur soif au lieu de l’étancher. Il y a quelques semaines, la Colombie Britannique a reconnu officiellement l’alcoolisme comme une maladie. D’ores et déjà, on sait qu’on va beaucoup économiser dans le traitement d’une telle maladie : puisque le traitement médical est 10% de la maladie. Mais pour arriver à une telle solution politique qui aura des répercussions économiques, que de fois avons-nous entendu : «Éloï, Éloï, lamma sabacthani?»

L’évangile de la mort de Jésus selon saint Marc nous parle de plusieurs femmes qui regardent à distance. Ces femmes sont porteuses de vie comme nous, les chrétiens, sommes aussi porteurs et porteuses de vie et de résurrection. Pourquoi gardons-nous le silence alors qu’on a tant besoin de notre expression de foi? C’est vrai que l’on garde silence parce qu’on ne sait quoi en dire. Que de situations qui passent entre nos doigts et pour lesquelles nous ne savons pas exprimer notre foi parce que nous croyons ces situations que sous l’angle de la politique! Nous entendons souvent autour de nous des cris du cœur qui ressemblent à des : «Mon, mon Dieu, pourquoi m’as abandonné?» C’est l’Église silencieuse. Non pas parce qu’elle ne sait pas dire l’espérance qui l’habite, mais simplement parce qu’on ne l’a croit plus. Pour trop de gens, la foi n’est qu’un concept abstrait et intellectuel à méditer à partir d’un livre mais qui n’a aucun lien avec l’expérience concrète de la misère humaine. Après tout, la théologie par laquelle l’Église articule ses énoncés de foi ne repose-t-elle pas sur la philosophie de part sa logique, sa rigueur et sa morale? Se peut-il aussi que,  par son espérance, l’Église ne soit que l’affaire des autres?

Ne perdons pas de vue l’image des feux d’artifice que nous parlions hier soir. Nous en reparlerons demain soir. Si nous avons distingué une forme tangible d’une appartenance viscérale dans l’engagement des laïcs, qu’ils soient agents de pastorale ou bénévoles, nous avons ici une forme de témoignage à revendiquer avec Joseph d’Arimathie. Pouvons-nous y voir une trace de l’engagement de nos diacres permanents qui, de par l’origine de leur appel, actualisent le ministère du service? Certes, ce service, comme un feu d’artifice a ses répercussions sur le sens de l’appartenance que nous avons vues hier et sur la vie de prière que nous verrons demain. J’apprécie que l’on ait un diacre d’office ce soir pour notre célébration pour le service appréciable de l’autel. Mais quel service pouvons-nous faire office en dehors de nos célébrations pour le monde qui nous entoure et qui cherche Dieu? Si on regardait de plus près le témoignage de Joseph d’Arimathie.

 

 

 

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