Nous arrive-t-il de percevoir la foi comme possédant un sens unique? Nous croyons en Dieu, mais est-il concevable que Dieu croit aussi en nous? C'est là à mon avis que doit être le sens de la Nativité de Bethléem et de la Pentecôte. Dieu croit assez en l'humain pour lui confier un enfant d'une part et une mission de salut d'autre part. Les pasteurs de l'Église s'inspirent-ils des bergers de la crèche?
Un enfant nous est né et sa présence dérange. Un crucifié est ressuscité et sa gloire nous enchante. Mais quel est le lien à faire entre les deux? Serait-ce l'urgence de l'homme de dépasser ses limites et ses peurs pour opter vers une autre dimension qu'il aurait sous-estimé? Y aurait-il une dimension commune entre la crèche et le tombeau vide? Les apôtres de la résurrection peuvent-ils suivre les traces laissées jadis par les bergers?
Des sacrements nous sont confiés. Qu'en faisons-nous? Dieu compte sur nous comme l'enfant a besoin d'un adulte compatissant qui veillera à ses besoins. Ce faisant, l'enfant dérange sans accuser. Tel est le dérangement auquel nous sommes conviés à la suite du ressuscité. Faisons confiance comme Dieu nous fait confiance. Encore faut-il y croire.