Lire Second livre des Rois (5,14-17) Certains ont peur des dettes. On s'habitue aux échanges de services contre rémunération. Le général syrien Naaman a voulu récompenser le prophète Élisée pour sa guérison de la lèpre. Après tout, comment s'acquitter d'une telle dette qui nous resitue dans la communauté? Le prophète refuse. Le général syrien est décontenancé. Finalement, ils s'entendent pour que Naaman apporte avec lui de la terre du pays afin de présenter son holocauste et son offrande au Seigneur, le Dieu d'Israël.
Il y a des dettes qui n'ont pas de prix. Celles de l'amitié et de l'amour sont de cet ordre. L'amitié qui liera le souvenir du général syrien au prophète hébreu se transposera en amour pour le Dieu de toute miséricorde. La meilleure manière de remercier Élisée pour sa guérison a été pour Naaman de reconnaître l'amour et la puissance du Dieu d'Israël. Le plus grand merci que l'on peut exprimer reste encore la communion d'esprit aux croyances partagées. Quelle liberté d'esprit pour Élisée et quelle libération intérieure pour celui qui est guéri de la maladie contagieuse de la lèpre!
Lorsque je paie pour un service, ce geste signifie que je crois à la qualité du service reçu. Mais adhérer à la foi du serviteur c'est accepter une dette qui n'a pas de prix. Une telle dette engendre le sens du mot "merci." Or, il arrive que l'on n'apprenne pas à dire merci à ceux et celles qui nous aident de la manière la plus gratuite. Et à celui qui ne sait pas remercier, il en arrive à croire que tout lui est dû. Le service rendu devient un acquis. La capacité d'exprimer ses besoins est innée chez l'enfant. Il les exprime en pleurant. Mais s'il n'apprend pas à dire merci, nous en faisons un enfant-roi qui prendra l'amitié et l'amour comme des acquis. La reconnaissance du don passe nécessairement par un geste concret. Pour Naaman, ce geste a été d'apporter avec lui autant de terre que ses deux mulets pouvaient transporter. Comment remercions-nous ceux et celles qui nous assistent gratuitement? Ces gestes sont-ils perçus comme des acquis? Combien de fois ai-je dit merci aujourd'hui?
J'en profite pour remercier une fidèle lectrice qui a pris l'initiative, avec mon consentement, de revoir et corriger mes textes du blogue. Emporté par la passion des mots et les idées qu'ils révèlent, j'en oublie souvent la forme et les fautes de grammaire quand ce n'est pas l'omission d'une lettre dans un mot. J'encourage les lecteurs à oser relire mes textes et sûrement ils reconnaîtront les changements. À cette lectrice assidue et fidèle, je veux exprimer mon amitié et la remercier de croire à ce que mes écrits peuvent apporter à ceux qui me lisent. Chaque correction représente un peu de terre de mon jardin pour les fleurs qui y poussent discrètement dans le coeur de ceux et celles qui se nourrissent à Celui que je tente de révéler par cet exercice de l'écriture.