Quand j'étais jeune, j'aimais prendre la pelle et cueillir des vers de terre en vue d'aller à la pêche dans le ruisseau près de chez vous.
Ce petit lombric faisait son bonhomme de chemin dans les sillons de la terre. Puis, une lumière est venue. Il s'est senti interpellé. Il s'est laissé empalé à l'hameçon que je lui réservais. Combien de belles truites ai-je prises grâce à son dévouement!
Je me sens comme ce lombric. Faisant mon chemin dans les méandres de la vie, une lumière est venue de nulle part. Je me suis senti accroché à un projet qui n'était plus le mien. J'attirais en vue d'attirer vers un ailleurs. Le Dieu qui m'a trouvé, par l'effort de sa pelle, a engendré en moi un appel tout autre. Je ne suis que l'intermédiaire, une transition, un témoin qui engage à aller plus loin.
Le Dieu qui m'a capté avec sa pelle et qui m'appelle, c'est un Dieu libérateur et réconciliateur. D'abord, se libérer de soi même et se réconcilier avec soi-même. Ensuite, libérer les autres. Cela est moins évident. On peut facilement libérer l'autre de lui-même en l'empalant à ses propres principes. L'hameçon ne nous appartient pas, même si nous la manipulons comme des experts.
Suis-je loin de ce Dieu libérateur et réconciliateur dans mon ministère? C'est la réponse que je vais chercher sous peu. Il aura à me libérer de moi-même et des peurs qui me constituent pour m'aider à me réconcilier avec moi-même et les autres. Alors, nous pourrons parler d'une véritable Eucharistie, pain rompue pour le monde d'aujourd'hui. Le pain rompu, c'est la déchirure du sol pour jeter une lumière sur mon existence. De là vient la mission d'orner l'hameçon pour les truites d'au tout Autre.
Merci pour ton commentaire. C'est vrai que tout part de soi. Là l'importance de reconnaître la manière dont l'autre a pris autant de place. Un amour mal placé? Peut-être.
Bonjour,<br />
je partage ta réflexion sauf que je crois qu'il nous est impossible de libérer l'autre si tu parles d'une personne à l'extérieur de toi. On nepeut que se libérer soi-même. Je crois que nous sommes tous sur un chemin de libération, du moins je l'espère.