La page d'évangile qui décrit le martyr de saint Jean le Baptiste témoigne de la force de l'orgueil chez Hérode. Il aimait entendre le précurseur prêcher et il résistait à l'influence de sa femme, qui avait été sa belle-soeur et qui voulait faire mourir le Baptiste. Lors d'un banquet à son honneur, la fille d'Hérodiade dansa jusqu'à ce que son orgueil atteingne son apogée. Il était prêt à lui donner jusqu'à la moitié de son royaume. C'est par orgueil devant ses convives qu'il fera décapiter Jean le Baptiste.
L'orgueil lui fait même vaincre sa peur du prédicateur, car l'Évangile insiste sur cela. Mais perdre la face devant ses convives était un signe de faiblesse qui le rendait indigne de sa royauté.
L'orgueil est-il le moyen de vaincre ses peurs? Je me suis fait reprocher de manquer de foi parce que je m'en vais pour un ressourcement de trois mois. Je peux comprendre la réaction de la personne en question, elle qui est une survivante à un cancer. Mais je pense que ce ressourcement est un acte de foi. Il faut avoir vécu une thérapie pour savoir ce que cela comporte de courage. La structure psychologique de l'orgueil doit s'effondrer pour laisser place à une nouvelle structure, celle de la foi et du respect.
On peut se bâtir un empire sur l'orgueil, mais sa structure interne est forcément fragile. Une danse exotique, à caractère érotique, vient tout changer les éléments de base. On ne choisit plus entre le bon et le meilleur mais entre le moindre de deux maux. L'orgueil décapite le discernement car c'est là l'enseignement de Jean. Quelle place suis-je à donner à l'orgueil et quel acte héroïque peut le qualifier dans ma vie?