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Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.

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Différent et pareil

Nous reconnaissons Mère Teresa de Calcutta et Jean-Paul II; ces deux personnes qui ont marqué l'histoire à des moments de grands choix. Lequel des deux avait raison dans sa manière de dire Église? En fait, il me semble que les deux ont raison, l'un parle de la forme à partir de sa hiérarchie et l'autre de son fondement à partir de son engagement. Deux réalités qui m'interpellent et entre lesquelles il m'est difficile de choisir.

Lors de la messe télévisée en direct que je présidais à l'émission Le Jour du Seigneur diffusée tous les dimanches sur la chaîne nationale canadienne Radio-Canada, j'ai posé un geste liturgique signifiant: celui de demander à un autochtone de la tribut des Micmacs de réciter le Notre Père dans sa langue natale, alors que la cérémonie se déroulait en français. Sa plume d'aigle en main, il s'est exécuté à l'ambon. Puis il m'a remis sa plume d'Aigle et je l'ai déposée sur mon Missel Romain. Le geste parlait de lui-même: son instrument de prière valait bien le mien. Nous devions nous faire l'accolade immédiatement après. L'autochtone, distrait, est reparti trop vite. Ce n'est qu'après la communion que j'ai expliqué à la communauté et aux téléspectateurs le sens du geste. Mais là, je voulais lui remettre sa plume pour qu'il puisse continuer à prier pour nous; comme nous nous engagions à prier pour son Peuple.

Ce geste a fait le tour du pays en quelques secondes en direct. Où peut-on situer le geste entre Jean-Paul II et Mère Teresa du cliché? Ces figures représentent deux volets essentiels de notre manière de vivre en Église. Il nous revient de prendre notre place avec le geste qui nous convient le mieux. Nous sommes porteurs d'un message et il nous appartient de l'actualiser et d'oser y mettre notre signature. Dieu inspire l'intelligence humaine et guide les doigts sur le clavier. Si le hasard était le nom que Dieu se donne pour garder l'anonymat, nos gestes ne seraient qu'une superstition sans notre signature. C'est la foi de l'individu qui s'inscrit dans tout acte de réconciliation.
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