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Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.

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Une Église stratifiée

Dans l'Évangile du jour, Matthieu met un nom là où Luc n'en met pas dans l'Évangile du 13e dimanche du temps ordinaire. En effet, en Luc nous lisons "En cours de route, un homme dit à Jésus..." Alors qu'en Matthieu on y lit: "Un scribe s'approcha et lui dit: "Maître, je te suivrai partout où tu iras." Mais Jésus lui déclara: "Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids; mais le Fils de l'homme n'a pas d'endroit où mettre la tête."" Cet approche est particulier et plus précis. Le scribe compte suivre Jésus partout où il ira, en autant qu'il y amène ses connaissances bibliques, puisqu'il en est responsable de son interprétation. La réponse de Jésus est ici plus éclairante. Ce ne sont pas nos connaissances bibliques qui nous assureront le Salut. En fait, nos connaissances sont influencées par nos expériences, plus ou moins agréables. L'interprétation que nous en faisons est purement subjective. N'oublions pas que le scribe est pour la Parole ce que le Pharisien est pour la Loi. La vie ne se dicte pas à partir des écrits bibliques, elle engendre la continuité de ces écrits dans l'aujourd'hui pour les générations à venir.

C'est ce qui m'emmène à parler d'une Église stratifiée. Quels sont les éléments fondamentaux pouvant constituer l'Église à laquelle nous nous engageons? Ces éléments fondamentaux peuvent-ils être aussi sources de division dans la même Église? Il y a certes l'Église de Rome avec ses directives. On croit celles-ci disproportionnées à la réalité de l'Église canadienne, acadienne et québécoise. Elles engendrent des mouvements d'opposition et de réciprocité. On ne sait plus si on est contre les directives romaines et contre ceux qui prétendent les défendre. On condamne le condamné parce qu'il est condamnable d'une condamnation absolue. On se fait plus radical dans ses positions que la radicalité de ce qui est avancé. 

Il y a des gens qui se sentent attirés par les rites des célébrations Eucharistiques. Benoît XVI propose une ouverture au Latin pour les liturgies de l'Eucharistie. Une ouverture n'a jamais voulu dire une directive unilatérale ou un retour du prêtre qui célèbre le dos tourné au Peuple. Une telle supposition me semble dépasser de loin les intentions de la directive papale initiale.

Il y a d'autres qui se sentent interpellés à partir d'une expérience personnelle de guérison intérieure telle que vécue dans les regroupements de fin de semaine. Je pense à La Flambée, La Rencontre, Le Cursillo, Renouement Conjugal, Rencontre-Fiancés, Dix-ô-cube, Me connais-tu te connais-tu? etc. Ce sont des mouvements du coeur qui n'aboutissent que rarement au coeur de la communauté priante de l'église paroissiale. Ce sont comme des îlots d'espoir sans racines communautaires. Et la communauté s'en sent drôlement privée.

Puis, il y a ceux pour qui l'Église est d'abord l'attrait central de la communauté, jadis animé par le curé résident à plein temps. Maintenant que le curé doit disperser ses énergies avec d'autres communautés sous sa juridiction dite "Unité Pastorale", des laïcs bien intentionnéss se superposent au rôle de curé et de rassembleur en y mandatant ses propres intentions.

Dans cette Église stratifiée, je m'ennuie de cette époque où la souffrance avait un nom et était source de conversion, comme les Marie-Madeleine des Évangiles.
On oublie malheureusement que l'Église est d'abord un lieu de célébration pour encadrer l'expérience de conversion qui pour plusieurs a été d'une souffrance innommable.
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