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Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.

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Beauté fragile et force oubliée

image003a.jpgCette image m'interpelle beaucoup. Quelle beauté artistique à partir d'un monticule de sable! Quelle beauté fragile aussi, quand on sait qu'une vague affolée de la mer peut tout balayer! N'est-ce pas un peu l'image de la foi et des aspirations chrétiennes dans le monde d'aujourd'hui? Un ami me disait récemment que Dieu n'avait émis que dix commandements et l'homme ne réussit pas y obéir. Par amour, Jésus a résumé ces commandements en deux commandements égaux: "Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés!" Encore là, quelle difficulté à s'y ajuster d'une manière intégrale!

Je revois mon intervention de vendredi soir lors du conventum de notre 30e anniversaire de graduation du secondaire. Cette réflexion sur la mort sous l'angle de la naissance a interpellé tout le monde. Pour un instant, il y avait consensus général. Puis, les échanges ont tourné vers les souvenirs de jadis. Mon intervention était à l'image de la photo ci-dessus, les propos généraux comme la vague de la mer. Qu'en reste-t-il dans le souvenir des gens présents et qui ont entendu mes paroles? Que reste-t-il du commandement de Jésus dans l'art d'aimer? Que reste-t-il des commandements de Dieu dans notre manière de vivre? Un commandement, c'est d'abord un appel vers ce qui est, qui était et qui sera de tous les temps.

Une amie avocate me partage souvent ses expériences avec les tribunaux où il lui faut intervenir en faveur des plus petits et des plus faibles. Elle a vécu une expérience personnelle de libération en Jésus-Christ. Elle voudrait témoigner de sa foi et devenir un étendard de la justice de Dieu dans l'esprit d'Amour de son Fils Jésus. C'est loin d'être évident comme mission de foi. C'est beau comme la sculpture de sable sur la plage, mais aussi fragile à cause des menaces de la vague des océans de la vie. Pourtant, ces témoins qui s'entre-déchirent ont fait le serment de dire la vérité sur la Bible, le même livre qui a marqué l'expérience de Dieu de mon amie qui défend les plus petits devant la loi. Dieu est-il encore ce mouton qui se laisse conduire à l'abattoir ou est-Il Celui qui aura le dernier mot sur l'issue de la vie?

Le jugement de Dieu n'est pas cet arbitre intransigeant que la tradition orale et scripturale aime évoqué. Le jugement dernier est sa propre conscience devant la Vérité qui nous habite individuellement et qui est à se vivre collectivement. La Vérité nous rendra libre ou nous condamnera pour l'éternité. Je me souviens quand je me sentais quitter mon corps comme si ma fin sur la terre n'était qu'une question de choix et de secondes. Comme prêtre, je me disais prêt à partir de ce monde. Si on ne me croyait pas maintenant, on ne me croira pas demain non plus. Mais si j'avais encore quelque chose à faire au niveau de l'écriture, je voulais bien rester. Le retour s'est fait d'une manière telle que l'on a oublié l'épisode de l'été 2006, comme si cela n'avait été qu'un mauvais souvenir. Et pourtant, l'expérience est réelle et les raisons de continuer ma route sur cette terre sont tangibles. Des choix s'imposent-ils? C'est une question de vérité sur soi et sur le sens de la vie.

Parallèle à l'image ci-dessus, je me revois très jeune sur une rivière gelée où des amis jouaient au hockey en amateurs. Sous la glace figée je voyais le filet d'eau couler discrètement. Est-ce lque je dois servir? Il y a cette surface glacée où je peux déployer mes qualités de patineurs sur la glace d'aujourd'hui, ou plonger dans ce filet de vie discret qui n'attend que la fonte des neiges pour envahir plus que la surface rigide d'une glace qui semble éternelle. En été, les fleurs semblent éternelles. Ainsi en est-il pour la neige en hiver. Qu'advient-il de la sève des fleurs en hiver et des rivières gelées en été? Serait-ce cette Église qui m'attire? Non pas Celle qui était et qui est à se défendre de son histoire, mais Celle qui est comme la sève d'une fleur en hiver et qui sera après la fonte des neiges. Je crois que c'est une bonne question mais, l'attente de la réponse se fait un peu angoissante.
 C'est comme si l'on se retrouvait devant un tombeau vide!  Où avez-vous mis Celui en qui mon coeur croit?
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