Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.

Publicité

Un vent de changement

D-L-f-Coucher-soleil-NZ--3-

Un ami m’envoie un courriel m’informant qu’il ne fréquente plus l’Église depuis presque deux ans. La vague de scandales le dérange. Il a entrepris une recherche internet sur l’histoire de l’Église. Ses découvertes ne le rassurent pas et il ne pense pas y revenir de sitôt. Il n’y croit plus. C'est trop humain pour y reconnaître du divin. Pourtant, il a déjà été un chrétien fortement engagé dans sa communauté. Je lui ai assuré que j’allais y penser et écrire sur le sujet.

Tout changement fait peur un peu sinon ce ne serait pas un changement mais une reprise de l'ancien. En tournant la page sur l’histoire, on se retrouve devant la page blanche de l’avenir qui dérange. Vat-on réécrire son histoire ou oser une quelconque nouveauté inédite? C’est la parabole du tissu neuf sur un vieux vêtement, le vin nouveau dans les vieilles outres. Ces références bibliques sont belles à méditer. Mais comment mettre cela en pratique?

Je vous propose un jeu de numérologie biblique. Jésus a vécu 33 ans. Pourquoi n’a-t-il pas vécu 34 ou 32 ans? Il y a ici un symbole numérique à considérer. Quand on parle de Jésus, le chiffre 3 vient en mémoire. Il est la deuxième personne d’un Dieu-Trinité en trois personnes. Or, si on divise les 33 ans de la vie de Jésus par le 3 de la Trinité, nous obtenons le chiffre 11. Ce sont les onze apôtres qui soient passés du statut d’apôtres à celui de «Pères de la nouvelle alliance en Jésus-Christ.» Ils n’étaient plus 12, chiffre symbolique de l’élection divine en Dieu, mais 11 c’est-à-dire 12 – 1. L’Église demeure le corps mystique du Christ. L’apôtre manquant s’inscrit dans les pages difficiles de l’histoire de cette Église. C'est comme si le souffle étouffé de Judas y planait encore. L’Église est humaine avec une nature divine. L’Église n’est pas complète sans l’Esprit Saint qui l’habite et la guide à travers les siècles. C'est une écriture droite sur les lignes courbes du temps.

Il y aura toujours des éléments humains qui décevront dans l’Église de Dieu. C'est qu'elle est en cheminement cette Église, en croisière pour l’amour qu'elle annonce et ce, malgré les quelques cailloux dans ses sandales tant la route du temps a parfois été difficile. On se rappelle encore de ces curés qui dictaient la vie des paroissiens à partir de leur presbytère. Vatican II a permis d’ouvrir les portes aux laïcs engagés. C’était de l’inédit dans l’histoire de l’Église. Qu’est-ce que ce changement a apporté? Certains sont portés à croire que les laïcs devenus agents de pastorale tendent à imiter les anciens curés. Ils ne dictent pas, ils proposent des dossiers bien détaillés à partir d'un bureau bien circonscrit. Les presbytères de jadis portent maintenant le nom de Centre d’animation pastorale. Mais c’est souvent, sinon toujours la même bâtisse. Qu'est-ce qui a changé pour le commun des mortels qui n'y entre jamais?

J’ai l’espérance que nous continuons néanmoins à avancer dans l’avenir de l’Église. Pour ce faire, il faudra ajuster le mandat de tous les intervenants en Église, qu'ils soient au niveau des ordres ou des laïcs engagés. Il ne s’agit pas de sortir Dieu de nos Églises pour Le célébrer ailleurs et autrement. Mais peut-être devrions-nous en arriver à sortir les personnes mandatées des anciens presbytères pour vivre la mission de l’église avec le commun des mortels appelés «baptisés».

Je ne rejetterai pas cet ami qui ne se reconnait plus en Église. Je sortirai de mon presbytère, devenu un centre administration pour des agents chevronnés à même leur dossier respectif, pour aller à sa rencontre dans son milieu de vie. C’est là où Jésus nous attend pour l’avenir de son Église. Quelque chose de nouveau s’en vient dans l’Église. C’est encore un parfait inconnu tant il ne ressemble en rien à ce qu’on a connu. Mais n’est-ce pas là le sens de sa nouveauté? Et si c’était l’Évangile qui se continue à même nos expériences peu réconfortantes? Oui, ça serre un peu autour du cou. Mais nous n’avons pas à imiter Judas à en perdre le souffle. Au contraire, osons respirer et ce, malgré la contrainte des changements. Et qui sait si l’on ne deviendrait pas les témoins vivants capable de dire avec conviction que Dieu n’a jamais quitté son Église. Son Esprit la pousse juste un peu plus loin que ce qu’elle avait prévu dans une vie humaine.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article