Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
J’ai un ami qui a une bergerie. Un jour, il a confié à son fils de fermer la porte de l’enclave pour que les coyotes ne viennent pas perturber le troupeau. À sa grande surprise, dix moutons ont été égorgés par un animal sauvage; un coyote ou un renard. Le fils n’avait pas fermé la porte de la bergerie comme on lui avait demandé. Qui faut-il blâmer, le fils ou les prédateurs? Monsieur Gabriel Nadeau-Dubois s’est plaît à proposer la désobéissance civile. Son organisme n’a pas informé les autorités sur son itinéraire afin d’assurer sa sécurité et il s'en faisait un plaisir. Il a ainsi ouvert la porte aux casseurs professionnels anarchiques qui ne demandaient pas mieux pour semer la panique dans la population où les manifestations avaient lieu. Qui oubliera Victoriaville et ses émeutes? Les casseurs n’en demandent pas plus et la Classe de Gabriel Nadeau-Dubois leur a ouvert la porte. Est-ce la faute des casseurs ou à l’association étudiante qui leur permet un tel résultat d’impact? Madame Beauchamp avait annoncé que la CLASSE s'était écluse du dilaogue d'avec son ministère. Faut-il s'en surprendre?
Je suis attristé qu’on ait recours à la loi 78 pour mater l’ardeur des étudiants devant la hausse des frais de scolarité. Cette tristesse ne manifeste nullement ma surprise pour autant. Je m’y attendais depuis les débuts. Le gouvernement libéral du Québec est en fin de mandat. Des élections sont à l’horizon et la nouvelle ministre de l’éducation ne se représentera pas. Là est la véritable démocratie. J’ai fait ma petite recherche sur le Net au sujet des dernières élections provinciales. On dit que le taux de participation a été très faible, seulement 57,33%. Monsieur Charest voulait être le seul à avoir les deux mains sur le volant. Il les a eus. Il a probablement pris le champ. Faut-il faire un jeu de mots avec Line Beauchamp? Il n’y avait qu’un beau champ et il est passé à côté!
Je serai en vacances dans quelques semaines. J’ai mérité ce temps de repos. Trois villes sont rayées de ma liste à visiter; Montréal, Sherbrooke et Québec. Pourtant, les hôteliers y sont accueillants et les restaurateurs savent charmer les touristes. Mais je crains la présence des manifestants anti-loi 78. Depuis l’imposition cette loi infâme, on ne parle que de manifestations pacifiques. Pourquoi ne pas y avoir pensé avant la loi 78? Pourquoi des commerçants montréalais ont-ils eu à payer la note avec des dégâts à leur commerce?
J’ai entendu le cri désespéré du maire de Montréal. Les incorrigibles pourraient lui dire de faire le ménage dans sa propre cours avant de critiquer les revendicateurs qui paradent dans les rues de sa ville. Certains de ses proches font face à des procédures judiciaires avec l'UPAC. Mais justement, les casseurs qui abusent des ouvertures qu’offrent les étudiants en grève ou en boycotte ne sont à mes yeux que de potentiels arnaqueurs qui n’ont pas eu la chance de profiter du système corrompu en collusion sur lequel se penche la commission Charbonneau. C’est le même monde à divers paliers.
Je ne crois pas aux revendications pacifiques à la Gandhi ou à la Martin Luther King qui inspirent soudainement Monsieur Khadir qui invite à réfléchir sur la désobéissance civile pacifique. Pourquoi réfléchir à cette option après l’adoption de la loi 78 Monsieur Khadir? Cela fait plus de trois mois qu’on aurait dû y réfléchir. Où étiez-vous quand c’était le temps d’y penser? Cette loi qu’on qualifie comme antidémocrate vous aurait-elle inspiré à ce point? Vous n’êtes pas un visionnaire qui croit en l’avenir. Vous n’êtes qu’un réactionnaire qui réagit au stimulus que vous procure celui que vous admirez au-delà de tous, monsieur Charest.
Comme homme d’Église, je crois qu’il y a une solution pacifique et digne des Évangiles. Mais y croyons-nous suffisamment pour lui donner un droit de parole? Je me permets d’en douter. Des jeunes ont déjà fait référence à Maurice Duplessis qu’ils n’ont pas connu en commentant la loi de Charest alors qu’elle n’était qu’un projet. Comment feront-ils confiance en une Église qu’ils n’ont connue que parce qu’on l’a associée à ce dictateur des années noires? Je me surprends à penser à la célébration de la confirmation où le vicaire général du diocèse, délégué de l’Évêque, a ouvert la porte intérieure et vitrée pour aider un père qui en avait plein les bras. D’une main il tenait la main de son jeune fils en âge préscolaire et de l’autre main, il tenait son café Tim Horton. Il venait pour assister à la confirmation de son fils aîné mais sans vraiment y participer.
N’est-ce pas là notre manière de concevoir la politique? N’est-ce pas aussi ce à quoi nous oblige la nouvelle loi de Charest? Arrêtons d’être des gérants d’estrade et osons quelques coups de patins sur une patinoire où nous y avons tous notre place et ce, sans émeute et sans contestation. Les médias ne publieront pas notre visage sur leurs écrans mais notre âme en serait plus en paix! Ce faisant, on en arrivera probablement à croire en son avenir qu’on sera prêt à confier ses derniers jours à ces jeunes qui ne demandent pas mieux à nous montrer à quel ils sont à vivre nos valeurs mais autrement.