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Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.

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Sous le signe de la contradiction

DSC-0089.JPGJ’aime particulière le dimanche des rameaux. C’est l’entrée en cette grande semaine sainte. C’est pour moi une plongée dans le sens premier de mon baptême.

Il faut une vue d’ensemble pour bien saisir les enjeux de ce dimanche des rameaux. C’est d’abord l’entrée triomphale ou l’entrée messianique. Rien ne laisse présager le drame qui s’ensuivra quelques 24 heures plus tard.

Dans le long récit de la Passion, j’aime regarder l’attitude de ceux et celles qui entourent Jésus, ces grands témoins impuissants qui ressortent de cette expérience complètement déboussolés.

On ne voudrait pas être à la place de Pierre qui renie son Maître. Et pourtant, il a raison quand il dit : «Je ne connais pas cet homme.» L’homme qu’il connaît marchait sur les eaux, il multipliait les pains et les poissons pour nourrir les foules. Celui qui connaissait guérissait les malades, libérait ceux qui étaient atteints d’un esprit malveillant. Il ne reconnait plus celui qui pouvait neutraliser les démons et faire face au diable, celui même qui ne sait plus se défendre devant ses accusateurs.

Judas nous ressemble à plusieurs égards. Iscariote n’est pas son nom de famille mais bien son parti politique. Il était convaincu qu’une fois mis au pied du mur, Jésus allait manifester sa nature divine et imposer son royaume à ceux qui le menaçaient. Mais il n’en est rien de la part de Jésus. Un geste subtil en dit long, celui du baiser. Par ce geste, Judas se fait égal à Dieu. Nous avons vu dans un article antérieur que Dieu aime son fils d’un amour sans équivoque. Un tel amour se manifeste par un baiser, tel un échange continuel. C’est dans le baiser entre le Père et le  Fils que s’engendre l’Esprit qui anime l’Église à témoigner d’une relation amoureuse initiale qui sécurise ceux et celles qui se sécurisent à savoir que la source de ce qui les habite n’est que l’amour dans ce qu’il a de plus pur. Judas se pendra car il ne peut pas assumer la paternité de son geste. Il se pose comme légal à Dieu le Père alors qu’il n’a pas ce qu’il faut pour une telle responsabilité. Il y a un peu de nous dans ceux qui renient et tentent de faire dire à Jésus des choses qui le ne concernent pas. C’est l’essence même de notre nature humaine dont il est ici question. Accepterons-nous de nous laisser convertir à ce niveau?

 

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