Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
J’ai parlé du séisme en Haïti lors des homélies de fin de semaine. Je parlais de la générosité des Canadiens morts dans le séisme. Ils étaient là pour aider. Ils ont payé le prix ultime du service gratuit. Après l’une des messes dominicales, une personne qui a fait un stage en Haïti me disait comment les Canadiens n’ont pas le sens du partage. Elle n’a pas saisi mon intervention.
Je reconnais que l’on ne changerait pas notre style de vie afin de favoriser le partage avec les moins nantis de nos communautés chrétiennes. Nous avons été généreux lors de la guignolée du temps des fêtes. Mais ce temps est passé et nous sommes revenus rapidement à nos vieilles habitudes. Ceux qui ont profité de notre générosité saisonnières ont encore faim et froid. Ils ont étiré leur panier de Noël au maximum.
L’opulence engendre le confort que l’on n’est pas prêt à sacrifier. Cela crée les différences avec les autres qui nous ressemblent et que nous côtoyons. Nous avons encore beaucoup d’eau à changer en vin pour les joies de ceux qui souffrent d’une différence qu’on leur impose. Il ne faut jamais se fatiguer à faire le bien et ce faisant, participer aux bonheurs des autres. Les vrais gestes de gratuité envers Haïti commenceront probablement quand les médias n'y seront plus pour en témoigner sur toute la terre. Puissions-nous ne jamais oublier ceux qu'on ne reverra plus car ils étaient partis pour aider en toute discrétion. Un séisme est survenu et ils n'en reviendront pas pour nous en parler.