Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
Un ami m’a félicité pour mon ouverture d’esprit sur mon blog. Je veux en profiter pour expliciter ma position de prêtre sur l’homosexualité, car cet ami est gai et nous avons eu plusieurs discussions franches sur le sujet.
L’homosexualité restera toujours un sujet délicat qu’il ne faut pas niveler ni par le haut et ni par le bas. D’une part, ce ne sont pas des gens dépravés en perte de valeurs humaines et d’autre part, ce n’est pas un mode de vie pour tous. Il ne faut pas confondre les différentes sciences qui mènent des recherches intenses afin d’aider la société à apprivoiser les différences suscitées par ce phénomène réel aux dimensions du mystère humain. Les mouvements sociaux ont raison de lutter contre les préjugés en ce domaine et la psychologie fait des pas de géants pour aider des gens à s'accepter dans une manière d’être qui se distingue des stéréotypes reconnus depuis des lunes. En parallèle, il ne faut pas condamner la position de l’Église. La grille de lecture de cette dernière ne se compare pas à celle des organismes sociaux ou à la psychologie. Ces derniers cherchent à comprendre comment cette réalité peut se vivre en société et s’apprivoiser au niveau humain dans le respect de tous alors que l'Église situe son discours à un autre niveau.
L’Église à une triple mission qui ne se compare pas à la sociologie ou à la psychologie. Sa première mission est celle de reconnaître la spiritualité qui anime et propulse cet élan de vie. Il faut ensuite établir la théologie qui saura encadrer et orienter cette façon d’exprimer Dieu dans de tels rapports humains. Finalement, l’Église a à établir les liens de réciprocité qui relient (là est le sens du mot «religion», c’est-à-dire être relié les uns aux autres dans une communion mutuelle dans le respect. Mais pour cela, il faut une attitude honnête à tous les niveaux et par tous les parties.
Il revient aux membres qui se disent gais et lesbiennes de dire en quoi ils (elles) perçoivent Dieu au cœur de leurs relations humaines. Il ne faut pas ici blâmer l’Église pour le rejet social et le non acception de soi dans de tels rapports. L’Église veut le dialogue et je voudrais en faire partie. Comme prêtre, je veux reconnaître Dieu à l’œuvre dans la vie de ces personne et l’annoncer à la manière de Jésus-Christ et ce, dans l’Esprit-Saint qui nous veut tous égaux devant un même Dieu d’amour.
J’ai trop de questions pour préconiser une approche pastorale libre et neutre. Et je n’aime pas qu’on prenne mes questions pour des réponses préétablies qui visent à condamner ce qui, avant la loi omnibus de 1968, était crime punissable selon le code criminel et ce, indépendamment des valeurs religieuses des mieux intentionnés. Je fais ici référence à une émission télé sur Historia où une femme reconnue pour ses prises de position condamne l’Église à partir d’un segment de film d’un baptême de 1963. «Était-ce le 4e ou le 14e enfant?» Son attitude m'a fait croire qu'il ne lui manquait qu’une mitre pour reprendre aujourd’hui ce que Paul-Émile Léger dit à son arrivée à Montréal en revenant de Rome où il avait été sacré cardinal dans les années 50! «Oh ma ville! Que tu t’es fait belle pour recevoir ta princesses!»
Je voudrais participer à une table ronde juste et honnête, comme nous en voyons souvent à Radio-Canada et à d’autres chaines télé sérieuses. Peut-être y reconnaîtrons-nous que ceux à qui on donne un droit de parole incontesté n’ont pas l’ouverture d’esprit qu’ils prétendent avoir. Et qui sait, les «bornés aux pensées intransigeantes» ne sont pas ceux que l’on croyait. La vie est belle quand ses beautés parlent plus fort que ses apparences qui ornent des propos esthétiques au-delà du discours éthique.