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Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.

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Les sacrements (La Réconciliation)

 

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Ceci étant dit concernant l’Eucharistie, il est plus facile de comprendre le sens du sacrement de la réconciliation. C’est un sacrement qui a été pas mal galvaudé. On l’appelle la confession ou le sacrement de pénitence. Il faut mettre ces mots par lesquels on a identifié ce sacrement dans leur contexte. Il y a deux types de pardon pour deux types de faute. Il y a la faute envers la collectivité qui engendre le désordre social d’une part et la faute envers Dieu que l’on appelle péché. Entre les deux, il y a  beaucoup de nuances possibles à cause du rapport que j’ai avec mon frère. Ce dernier fait partie de la société et commettre un péché envers lui ne fait pas de moi un danger pour la société.

L’Église catholique reconnait trois manières pour identifier ce sacrement. (Art 1424 du Catéchisme de l’Église Catholique) Il est appelé sacrement de la confession puisque l’aveu, la confession des péchés devant le prêtre est un élément essentiel de ce sacrement. Dans un sens profond ce sacrement est aussi une «confession», reconnaissance et louange de la sainteté de Dieu et de la miséricorde envers l’homme pécheur. Il est appelé sacrement du pardon puisque par l’absolution sacramentelle du prêtre, Dieu accorde au pénitent «le pardon et la paix». Il est appelé sacrement de Réconciliation car il donne au pécheur l’amour de Dieu qui réconcilie : «Laissez-vous réconcilier avec Dieu» (2 Co 5,20). Celui qui vit de l’amour miséricordieux de Dieu est prêt à répondre à l’appel du Seigneur : «Va d’abord te réconcilier avec ton frère.» (Mt 5,24).

Je suis de ceux qui ont eu des problèmes avec le mot «pénitence». Faut-il se sentir puni quand on se sait aimés? Il faut se rappeler qu’il a été un temps où ce sacrement était une exclusivité de l’évêque. Lui seul pouvait pardonner au nom de Dieu et c’était un acte public. L’aveu était public et la pénitence était publique. Ici, il faut revenir au moyen âge au temps des Templiers, où la vie sociale tournait autour de l’église. Aujourd’hui, cette forme de pénitence s’exerce par les tribunaux et la prison. Aussi, dans ces cas précis, on ne parle plus de pénitents mais de prisonniers avec un dossier judiciaire.

L’Église Catholique ne parle plus du sacrement de la Pénitence comme nous l’avons souvent sous-entendu. L’Église parle plus du Sacrement de la Pénitence et de la Réconciliation. Les deux mouvements vont ensemble. La pénitence est cet entre-deux qui passe de la division par la faute à la réconciliation avec la personne blessée ou blessante. Pour mieux se comprendre, faisons un parallèle avec la médicine. Nous avons la santé et la maladie d’une part et la santé d’autre part. La guérison n’est pas un état de vie comme telle, mais une étape de transition, un passage du pire au mieux. Le péché serait comparable à la maladie, la réconciliation à la santé et la pénitence à la guérison.

Le sacrement de la Réconciliation situe la personne qui le demande dans trois types de relation de base : relation à soi, aux autres et à Dieu. Il me semble important d’apporter une précision pour ceux et celles qui croient que le sacrement de réconciliation nourrit le sentiment culpabilité chez les gens. Prétendre cela c’est mal comprendre l’être humain. Combien de gens nous parlent de culpabilité alors qu’ils se disent sans religion? La culpabilité fait partie de la nature humaine. Prétendre que l’Église a inventé la culpabilité pour faire valoir le sacrement de réconciliation, c’est aussi prétendre que la médicine a inventé des maladies pour faire valoir ses médicaments. L’argument ne tient pas la route.

Le Pardon découle de l’enseignement de Jésus. On en fait mention dans la prière par excellence qu’il nous a laissée, le Notre Père où on dit : «Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.» Les juifs et les musulmans n’en parlent car le pardon vient de Dieu. Mais là est le sens de l’incarnation de Jésus. En donnant à ses apôtres, devenus prêtres de la nouvelle alliance, d’agir au nom de Dieu en la personne de Jésus, l’Église devient le Corps du Christ dans son ensemble.

La position de l’Église catholique est aussi celle des Musulmans et des Juifs sur le pardon des péchés; Dieu seul pardonne le péché. Le prêtre n’agit pas de son propre chef et contrairement au passé où l’Église dictait la manière de vivre dans le village, il n’est pas tenu à se faire le juge du comportement social de la personne qui se confesse.

Un fait important à souligner c’est que le sacrement de Réconciliation a un lien avec le jugement dernier. On ne peut pas le nier car Jésus en parle. Mais il n’est dit à nulle part que c’est Dieu l’ultime juge. Si on était chacun juge pour soi-même et que l’on se jugera de la manière que l’on juge les autres? Dieu n’est qu’amour nous dit l’évangéliste Jean. À cause de cela, Il ne peut pas nous damner pour l’éternité. Donc si, dans mes démarches sacramentelles du pardon, j’arrive à vivre l’expérience que Dieu m’aide vraiment à me réconcilier avec les autres, j’aurai probablement la conviction que ce Dieu d’amour m’aidera aussi à me réconcilier avec moi-même et ce, pour l’éternité.

 

 

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