Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
Lors de ma convalescence à Québec en 2007, je me suis fait ami avec un confrère d’Haïti. On échangeait souvent sur la manière de faire Église et être pasteur. Je n’étais pas d’accord avec ses positions que je jugeais trop conservatrices. Que de fois je lui ai dit que sa manière d’être pasteur ne fonctionnerait pas au Canada. Depuis le séisme du 12 janvier, je me demandais ce qu’il était advenu. À l’époque, il était curé de la cathédrale de Port au Prince.
J’ai revu mon ami hier aux nouvelles sur Haïti. L’angle de la caméra ne trompait pas. C’était le même angle que j’avais à la table lors de nos repas. J’ai reconnu son regard perçant, les traits de son visage, la forme allongée vers l’arrière de sa tête. J’ai été étonné de son chandail qu’il porte toujours sur ses épaules.
La nouvelle était que son camp avait reçu des vivres mais en quantité insuffisante pour toute la communauté. Avec son curé, il a opté de mettre les vivres reçus en entrepôt jusqu’à la prochaine livraison. Ce faisant, toute la communauté mangera en même temps. Je comprends maintenant ce qu’il voulait me dire. L’Église est la communauté et les pasteurs en sont les leaders.
Je maintiens que sa manière d’être pasteur ne fonctionnerait pas au Canada. Mais je reconnais aujourd’hui que ma manière d’être pasteur ne fonctionnerait pas non plus en Haïti. Dieu choisit ses pasteurs selon son peuple. De là l’urgence de l’universalité en Église et non son uniformité. En ne comprenant pas la mentalité du peuple haîtien, j'ai mal jugé la mission de mon frère prêtre. Je prie pour ta mission, Jean-Alfred.