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Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.

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Du rêve au cauchemar

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Je ne me suis jamais prononcé pour ou contre les frais de scolarité. Le sujet avait besoin d’être réfléchi. Dans les faits, la revendication des étudiant(e)s est légitime. Quiconque ne possède pas un diplôme collégial ou universitaire de qualité se voit contraint à un avenir étréci, puisque sans issu par rapport aux promotions liées aux échelles salariales liées aux grandes entreprises. Pourquoi en sommes-nous venus là?

Répondre honnêtement à cette question relève du devin. Dans les années 60, le Québec s’ouvrait à la possibilité des grands rêves humanitaires. Le gouvernement québécois se voulait «maître chez soi» et l’Église dominante s’ouvrait au Peuple pour que ce dernier devienne aussi Église peuple en marche. Pour ce faire, le gouvernement forme alors de nouveaux ministères, notamment ceux de la santé et l’éducation qui appartenaient alors à l'Église et à ses institutions religieuses. Dans une biographie sur le Cardinal Paul-Émile Léger, on nous dit que ce dernier aurait demandé à Jean Lesage de reconnaître publiquement l’apport de l’Église dans l’histoire du Québec en matière de santé et de l’éducation. Celui-ci n’en a rien fait. Il y a bien eu plusieurs écrits de reconnaisance mais ces derniers sont passés aux oubliettes. Je suis à relire ces livres oubliés, comme des orphelins de cette nouvelle élite intellectuelle insoumise.

Le gel et même l’abolition des frais de scolarité serait été  justifiable si les promesses des années 60 avaient été tenues. À l’époque, le Québec comptait sur une carte de crédit intacte. La Révolution tranquille qui a marqué son histoire présente maintenant une carte de crédit saturée aux intérêts exubérants. La nouvelle génération s’éveille avec un endettement qui ne leur appartient pas. Pourtant, la gratuité scolaire serait possible si on admettait les erreurs aux quelles il faut d’abord remédier. La CLASSE commence à nommer les choses par leur vrai nom : «le néolibéralisme». Mais qui est ce monstre et de quoi se nourrit-il?

Le néolibéralisme est un mouvement économique commencé à la suite de la deuxième guerre mondiale. L’Église de l’époque s’y est toujours opposé en prédisant les exagérations que l’on connaît actuellement. Pour l’Église, l’humain doit être au centre des nouvelles technologies et des mouvements économiques. Le «profit pour le profit» n’a jamais été au service de l’humanité mais plutôt au service d’une minorité qui contrôle l’ensemble des ressources humaines, naturelles et énergétiques. L’Église le prévoyait dans les années 40 et on n’a pas cette humilité de le reconnaître. Une élite s'est donnée tellement d'efforts pour noircir sa réputation et son histoire que nul ne peut trouver le courage et l'audace de reformater les pages obscures qui nous constituent.

Le gouvernement demeure l’ennemi de l’Église et du peuple d'aujourd'hui. Il se veut laïc sans bases délimitées dans cantonner ses acquis historiques et culturels. Il lui revient néanmoins d’assurer un plancher d’emploi pour ses collégiens et universitaires diplômés. Autrement, ces derniers se verront obligés à s’expatrier ailleurs, là où ils ne paieront pas d’impôt ni de taxes afin de remettre sa part reçue en éducation. Mais que fait ce gouvernement pour assurer l’avenir du peuple qui l’a élu? Il développe des mégas projets en vendant ses ressources premières aux multinationales comme si ses sujets n'étaient encore qu'une colonisation industrielle. Or, on sait que les meilleurs salaires viennent de ces nouvelles exploitations venues d’ailleurs. C’est l’ère du néolibéralisme critiqué depuis longtemps par l’Église et repris récemment la Coallision Large pour une Assemblée syndicale et sociale Étudiante (CLASSE).

La CLASSE ne reconnaît son avenir qu'en dehors du néolibéralisme pour pour ce faire elle veut le mettre à la porte. Cette revendication est aujourd'hui plus courageuse que celle des années 50 où on revendiquait contre l’Église catholique de l’époque. Nous sommes maintenant étouffés par un régime financier totalitaire du néolibéralisme économique comme nous ne l’avons jamais été sous le régime Duplessis et d’avant Vatican II. Nous revendiquons nos libertés de conscience, mais de quelle conscience parlons-nous? Car nous devons l’admettre. En évacuant l’histoire de notre système d’éducation, nous avons perdula conscience des repères qui s’y rattachent.

J’admire le silence de l’Église dans les enjeux actuels liés aux revendications étudiantes. Mais Elle sera au rendez-vous quand nous permettrons aux Québécois de s’approprier l’histoire qui a marqué sa croissance depuis plusieurs décennies.  En s’appropriant son histoire, on se donne des moyens pour assurer son avenir. Entre temps, pataugeons toujours dans ce marasme quotidien des sans-voix et sans-papiers tant nous sommes aux prises d'une économie hors de notre portée. C’est presque l’actualisation du Notre-Dame de Paris de Luc Plamondon. En passant, j’attends toujours des nouvelles des Éditions Fides qui ont toujours mon manuscrit intitulé : «DE LA SCÈNE À LA VIE; un essai sur les dynamismes psychologiques et spirituels inspirés des personnages de Notre-Dame de Paris de Luc Plamondon.»

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